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Non classé26 Mars 2021

Bitcoin : à la conquête de l’Eldorado virtuel

Bitcoin : à la conquête de l'Eldorado virtuel

Sous le feu des projecteurs ! Les cryptomonnaies ont le vent en poupe depuis quelques mois. Leurs cours crèvent le plafond et attisent la convoitise. Pourtant leur histoire est loin d’être un long fleuve tranquille…  La première née, le Bitcoin, en est l’exemple parfait ! D’obscure monnaie virtuelle créée par le mystérieux Satoshi Nakamoto en 2009 à l’un des placements financiers les plus performants toutes catégories confondues, le Bitcoin en a fait du chemin. 

Entre utopie et réalité, les cryptomonnaies fascinent, mais restent encore un mystère pour beaucoup d’investisseurs novices. Comment fonctionnent-elles ? Est-ce un bon investissement ? Comme au temps des chercheurs d’or, partons à la découverte de la fabuleuse histoire des cryptomonnaies !

Il était une fois… les cryptomonnaies

Bitcoin : la genèse

Il y a quelques années, la crise des subprimes a frappé l’année 2008 de plein fouet. Entre la faillite de Lehman Brothers et l’explosion des dettes des États, il est arrivé ce qui devait arriver : une crise économique mondiale. 

Aux yeux du monde, les responsables étaient les banques.

Alors que la confiance est en berne, une mystérieuse personne (ou plusieurs ?) se dissimulant sous le pseudonyme de Satoshi Nakamoto propose une toute nouvelle manière de transférer de l’argent entre particuliers sans passer par une banque ni aucun autre intermédiaire. Et ça tombe bien puisque les banques y sont pour beaucoup dans la crise économique.  

L’objectif : se libérer du joug bancaire et enfin rendre l’argent au peuple. 

Une belle utopie qui tombe à pic ! 

Bon à savoir : Mais qui est Satoshi Nakamoto ? C’est le pseudonyme de la personne ou du groupe de personnes qui, de 2009 à 2010, a conçu et créé le réseau Bitcoin. Son nom apparaît pour la première fois le 31 octobre 2008.

Des années plus tard, nous ne pouvons toujours pas mettre un visage sur celui qui a créé la toute première cryptomonnaie. C’est une histoire digne de Conan Doyle. Certains pensent que c’est un informaticien irlandais, d’autres un mathématicien japonais voire même un économiste finlandais. 

Bref le mystère reste entier…

Quelques infos utiles sur le Bitcoin :

  • Il existe un nombre de Bitcoins limité (21 millions). On devrait les atteindre d’ici 2140. Aujourd’hui, nous avons déjà miné 88 % de ces Bitcoins. 
  • La création de Bitcoins est divisée par 2 tous les 4 ans (on appelle cela le halving du Bitcoin). En janvier 2009, 50 Bitcoins étaient créés toutes les 10 minutes. Depuis mai 2020, on en est à 6,25 Bitcoins toutes les 10 minutes environ.
  • Le Bitcoin est l’investissement le plus rentable, toutes catégories confondues. Entre 2010 et 2020, il a connu une hausse de 950 000 % ! 

Pourquoi seulement 21 millions de Bitcoins ? 

Premièrement, dans une monnaie fiduciaire ou étatique vous avez une banque centrale (un décideur). Dans le Bitcoin vous n’en avez pas, aucune personne physique ne gère le protocole Bitcoin. Un concept souvent difficile à concevoir. Pour vous aider à mieux comprendre, comparez ce procédé à celui d’internet. On l’utilise tous au quotidien et pourtant il n’y a aucune organisation centralisée qui le gère. C’est la même chose avec le Bitcoin. C’est donc un protocole décentralisé, personne ne le contrôle. Voilà pourquoi, dès sa création, la décision du nombre de bitcoins maximum en circulation a été laissée à un algorithme informatique prédictible. 

Deuxièmement, Satoshi Nakamoto a voulu que le Bitcoin ait une rareté intrinsèque comme l’or. C’est donc un actif qui se raréfie au fur et à mesure. Sa valeur est notamment déterminée par sa rareté et donc de l’offre et de la demande. 

Le saviez-vous ? 

Les cryptomonnaies consomment… beaucoup !

Selon un rapport de Bank of America, les émissions de gaz à effet de serre liées à la cryptomonnaie explosent. En deux ans, elles ont augmenté de 40 millions de tonnes. 

Aujourd’hui, le réseau consomme 0,4 % de l’électricité mondiale. Soit à peu près autant que les Pays-Bas, et émet autant de gaz à effet de serre que le pétrole brûlé par American Airlines ! 

Pourquoi ? Comme nous le verrons plus bas, ce sont des ordinateurs surpuissants qui tournent H24. De plus, les trois quarts des capacités de minage dans le monde sont basés en Chine (notamment dans le Xinjiang) où 80 % de l’électricité est issue de centrales à charbon.

Cryptomonnaie : comment ça marche ?

La blockchain : qu’est-ce que c’est ? 

Il n’y a pas de cryptomonnaie sans blockchain. C’est un peu la matrice, les fondations d’une cryptomonnaie. Pour être plus précis, la blockchain est une base de données, c’est un mécanisme de stockage de l’information. Mais avec un certain nombre de caractéristiques qui lui sont uniques :

  • La blockchain est immuable : on ne peut pas la modifier ni la supprimer
  • La blockchain est distribuée : contrairement à une base de données informatique, elle est répartie dans le monde entier. N’importe qui peut devenir l’un des nœuds de la blockchain et avoir une copie complète et intégrale de la blockchain. 

Le but : résister à toutes les attaques.

Les avantages :

  • c’est disponible 24h/24
  • ça ne tombe jamais en panne
  • c’est très fiable

Comment créer une cryptomonnaie ? Il faut garder à l’esprit qu’il est extrêmement difficile de créer une blockchain. Cela demande de nombreuses ressources. Heureusement, depuis 2017, vous avez une alternative : créer votre cryptomonnaie sur une blockchain déjà existante. Ethereum en est l’exemple parfait. C’est le deuxième actif sur le marché des crypto en termes de capitalisation et plus de 80 % des projets qui se créent, sont fondés sur la blockchain Ethereum. 

Résultat : il existe 5 000 cryptomonnaies, mais seulement 400 blockchains différentes (environ). 

→ A lire également : Première vente aux enchères de Bitcoins en France

Le minage : la route de l’or

Comme nous vous le disions, une blockchain est immuable. Ce fait est garanti par le minage. 

Mais qu’est-ce que le minage ? Ce terme désigne en réalité un processus décentralisé de surveillance. En clair, le minage sert à renforcer la blockchain en ajoutant de nouveaux blocs à la suite des précédents, sur la blockchain : miner = sécuriser un bloc pour l’insérer dans la blockchain. Il s’agit de hangars immenses remplis du sol au plafond d’ordinateurs. Ces ordinateurs vont vérifier que toutes les transactions faites sur la blockchain sont valides (Exemple de transaction invalide : une personne qui dépenserait des fonds qu’elle n’a pas).

Rôles :

  • Vérifier l’intégrité de toutes les transactions
  • Rendre ces transactions immuables
Le saviez-vous ?

L’or est encore aujourd’hui une référence pour les raisons suivantes :

  • Elle est incorruptible
  • Elle est fongible
  • Elle ne sert à rien : avant l’apparition des composants électroniques, on ne pouvait rien fabriquer avec. Résultat : elle n’était pas sujette aux cours industriels. Ce qui en fait une excellente unité de mesure. 

Toutes les 10 minutes, un mineur valide un bloc de transactions qui est ensuite injecté sur la blockchain. Mais, comment sont rémunérés ces mineurs ? 

Ils ont une commission sur chaque transaction. Mais, elle est relativement faible, car elle ne dépend pas des volumes qui sont échangés. Qu’ils fassent une transaction de 1 euro ou de 1 million d’euros, la commission sera quasiment identique. 

Voilà pourquoi, celui qui sécurise le bloc est récompensé en Bitcoins : 50 BTC en 2009, et 6,25 BTC actuellement. 6,25 bitcoins c’est donc la récompense obtenue au mineur qui est parvenu à sécuriser le bloc. 

Attention, un seul mineur ne perçoit pas 6,25 BTC directement. Ces bitcoins sont partagés entre tous les mineurs qui ont participé à la sécurisation de ce bloc. Chacun perçoit donc ce qu’on appelle des pépites (par exemple 0,00050 BTC.)

Mais, vous l’aurez compris cette part monétaire se restreint avec le temps puisque le volume maximum de Bitcoin en circulation ne peut dépasser 21 millions. 

→ A lire également : Mastercard fait un pas vers la cryptomonnaie

Le saviez-vous ? 

On les appelle mineurs, encore une fois, pour faire un parallèle avec l’or. De la même façon que les chercheurs d’or prenaient leur pioche pour trouver le métal précieux, les mineurs de Bitcoin vont utiliser leur ordinateur. 

Cryptomonnaie : comment investir ? 

Faire les bons choix

Que vous soyez novice ou expert, la règle d’or c’est la prudence. Voilà pourquoi, il est important de suivre certaines étapes pour acheter des cryptomonnaies en toute sécurité :

  • Bien choisir votre interlocuteur. En effet, il existe de nombreux escrocs sur ce marché. Privilégiez donc une entreprise qui a reçu le label PSAN de la part de l’AMF (voir encadré ci-dessous) comme par exemple l’entreprise française Coinhouse.
  • Une fois votre compte ouvert il va falloir choisir parmi les 5 000 cryptomonnaies en circulation 
  • Restez toujours conscient qu’il s’agit d’un marché extrêmement volatil. Par exemple, en 2018, il a dégringolé de plus de 85 % alors qu’en 2017 il avait été multiplié par 17
  • Conseil : ne regardez pas les cours au jour le jour. Il s’agit d’un investissement sur le moyen/long terme.
Bon à savoir : l’AMF (l’Autorité des Marchés Financiers) a créé, à travers la loi Pacte de 2019, un statut nommé « prestataire de services en actifs numériques » ou PSAN. Ce statut authentifie les entreprises jugées suffisamment sérieuses pour vendre des Bitcoins. 

Concernant le stockage de vos cryptomonnaies, vous avez trois possibilités :

  • Vous installez une application sur votre ordinateur et votre téléphone. Dans ce cas-là vous avez l’équivalent d’un coffre-fort virtuel. Mais, attention, si votre ordinateur plante vous perdrez l’intégralité de vos fonds et vous n’avez aucun moyen de les récupérer ! 
  • Optez pour un hardware wallet physique (sorte de clé USB), sur lequel vous pouvez stocker vos cryptomonnaies. Pas de risque de hacking ou de plantage dans ce cas. Mais, faites attention de ne pas le perdre. Exemple : eTorox Wallet, Ledger Nano X, Trezor Model T.
  • Vous pouvez confier vos cryptoactifs à une entreprise dont c’est le métier comme le français Coinhouse, LGO Europe, Stakinsat, ou encore Bitpanda, toutes ont reçu le label PSAN auprès de l’AMF. C’est comme mettre vos pièces d’or dans un coffre-fort à la banque. 
Bon à savoir : Le prix du Bitcoin en 2021 peut impressionner puisqu’il vaut actuellement 46 000 dollars. Pas de panique ! 1 bitcoin peut être divisé jusqu’à 8 décimales. 

Et la fiscalité dans tout ça ?

Passons à présent à la fiscalité. Vous achetez du Bitcoin ou de l’Ethereum et vous le gardez 1 an ou 2, puis vous décidez de le vendre. Prenez la facture d’achat ainsi que la facture de vente puis regardez l’écart entre les deux. C’est sur la plus-value que vous aurez générée que l’imposition se fera : un prélèvement unique forfaitaire (PFU) de 30 % sur les bénéfices que vous aurez effectué (12,8 % d’IR et 17,2 % de prélèvement sociaux). Il faudra ensuite, bien entendu, le déclarer sur votre feuille de déclaration.

Attention, le PFU s’applique uniquement sur les plus-values réalisées en cours d’année en cas d’échange entre une cryptomonnaie et une devise fiduciaire (euros ou dollars). En clair, si vous vendez par exemple du Bitcoin et que vous récupérez la valeur en Ethereum, vous ne serez pas imposé.

De plus, un abattement de cession est appliqué en France : vous êtes exonéré de PFU en cas de plus-value inférieure ou égale à 305 € sur l’année.

Cryptomonnaie : les institutionnels s’en mêlent

2020 : l’année du changement 

2020 est véritablement l’année où les institutionnels sont entrés sur le marché des cryptomonnaies. Pourtant, la plupart des institutionnels étaient relativement frileux quant à l’idée d’investir dans des crypto. 

Le saviez-vous ? C’est une entreprise américain, Microstrategy, qui détient le plus gros portefeuille de Bitcoin : plus de 4 milliards de dollars. Pour le PDG de cette entreprise, conserver des réserves de dollars est actuellement dangereux. À cause : 

  • de la crise économique liée au Covid
  • de la création monétaire en 2020 : 20-30 % des dollars en circulation aux États-Unis ont été créés en 2020
  • des dettes étatiques

Selon Microstrategy, il est donc beaucoup plus intéressant de conserver ses avoirs en Bitcoins plutôt qu’en dollars. 

C’est une véritable révolution, car jusqu’en 2019 c’était exclusivement un marché porté par les particuliers. Et ça ne fait que commencer : 

  • Deutsche Bank est en train d’ouvrir un desk pour permettre à ses clients de faire du trading de cryptomonnaies
  • Goldman Sachs fait la même chose
  • JPMorgan conseille à ses clients institutionnels de s’exposer à hauteur de 1 % sur le Bitcoin sur leur portefeuille  
  • BlackRock lance des produits dérivés sur le Bitcoin
  • Des fonds de placement ou ETF apparaissent sur la bourse de Toronto
  • Les banques centrales comme la FED ou la BCE sont même en train de travailler sur leur propre cryptomonnaie (prévue pour 2026 pour la BCE). 
  • La Chine est déjà en train de faire des tests pour avoir sa propre cryptomonnaie étatique
Bon à savoir : les blockchains peuvent être : 

  • centralisées : comme ce que veut faire la Chine 
  • décentralisées : comme celle du Bitcoin 
  • entre-deux : comme ce que fait Facebook avec le Diem (ex Libra). 

La cause principale de ce tsunami : la crise économique. À l’instar de Zoom ou des plateformes de streaming telles que Netflix, Prime ou encore Disney +, la pandémie a donné un réel coup d’accélérateur à ce marché. 

Facebook entre dans l’arène

En 2019, Facebook a annoncé vouloir créer sa propre cryptomonnaie : le Libra. Mais, contrairement au Bitcoin, le cours du Libra est fixe : 1 Libra = 1 dollar. On était donc face à un système qui ressemblait beaucoup plus à une monnaie d’échange qu’à un placement financier. 

L’objectif : tous les utilisateurs de Facebook ou d’Instagram pourront avoir leur portefeuille Libra afin de s’échanger des fonds ou de faire des achats sur des plateformes intégrées à Facebook. 

Mais, les autorités américaines ont tapé du poing sur la table. En cause : le cours fixe du Libra. Au lieu de se baser uniquement sur le dollar, Facebook a voulu prendre un panier de devises (euro, yen, dollar…). En faisant ça, Facebook aurait créé une véritable monnaie. Facebook se prendrait-il pour une banque centrale ? 

La firme de Mark Zuckerberg a donc compris la leçon et a modifié son projet en ne le basant plus que sur le dollar et a renommé sa cryptomonnaie : Diem. 

Tesla fait sauter la banque

En 2021, Tesla a investi 1,5 milliard de dollars dans le Bitcoin soit 7 % de sa trésorerie. Un matin, nous nous sommes réveillés avec un tweet d’Elon Musk disant simplement : « BITCOIN ». Ce jour-là, le Bitcoin a pris 8800 dollars. Sacré Elon !