1. Retraite : tout ce qu'il faut savoir pour bien la préparer

  2. À quel âge peut-on partir à la retraite ?

À quel âge peut-on partir à la retraite ?

 À quel âge peut-on partir à la retraite ?

Sommaire de l'article

La retraite, on y pense souvent. Elle intervient toujours dans un dîner de famille, dans une conversation anodine ou aux informations. Bref, elle fait partie de nos vies avant même d’atteindre l’âge fatidique. Qu’on l’attende avec impatience ou avec angoisse, elle est inévitable. Mais il faut bien dire qu’elle est parfois compliquée à comprendre. À quel âge prendre sa retraite ? Quel est l’âge légal ? Qu’est-ce que l’âge de taux plein ? Il serait peut-être temps de déchiffrer tous. 15 régimes spéciaux, 42 régimes en tout, il est parfois difficile de faire le tri. Carrière longue, handicap, travail pénible, enfants à charges, .... Autant de paramètres qui pourraient changer radicalement votre âge de départ à la retraite. 

Simulez vos économies d'impôts grâce au Plan Epargne RetraiteSimulation gratuite

L’âge légal de la retraite

L’âge légal de départ à la retraite n’est peut-être pas le même pour tout le monde, mais de manière générale il reste simple à définir. Pour la majorité des Français, il est de 62 ans. Bien sûr il varie en fonction de votre année de naissance, mais depuis la réforme de 2010, il est fixé à 62 ans pour les personnes nées à partir de 1955. Mais, rien n’est gravé dans la pierre, de nombreux paramètres peuvent altérer cet âge de 62 ans :

  • votre âge lorsque vous avez commencé à travailler ;
  • votre catégorie socioprofessionnelle;
  • le nombre de trimestres durant lesquels vous avez cotisé ;
  • vos conditions de travail ;
  • votre vie personnelle (situation maritale, nombre d’enfants, etc.) ;

Bien sûr il peut varier selon d’autres paramètres, et pas uniquement votre année de naissance. Plus communément il peut changer en fonction de votre régime de retraite et de votre secteur d’activité :

  • Pour les salariés et les non-salariés du secteur privé, l’âge d’ouverture des droits à la retraite est fixé à 62 ans.
  • Dans la fonction publique, l’âge d’ouverture des droits à la retraite est variable. Il est de 62 ans pour les agents des catégories « sédentaires » (métiers de bureau), qui sont mis d’office à la retraite à 67 ans. Les agents des catégories « actives » (métiers de terrain pénibles ou dangereux), sont mis d’office à la retraite à 57 ans ou 62 ans.
  • Dans les régimes spéciaux, l’âge d’ouverture des droits est variable (de 40 à 60 ans) et diffère selon le métier exercé et l’ancienneté. Depuis la réforme de 2008, la plupart des régimes ont été alignés sur 60 ans. Mais ils n’ont fait qu’augmenter, car à présent ils sont plus proches des 62 ans que des 60 ans.

Autant de situations qui font de chaque cas un cas unique. Il est donc important de bien connaître son régime de retraite, son régime complémentaire. Mais ce n’est pas tout, il faut que vous preniez conscience que chaque étape marquante de votre vie peut potentiellement altérer votre âge de départ à la retraite. Dans cet article nous allons passer en revue les grandes lignes de ce vaste sujet. Gardez simplement à l’esprit que votre cas ne ressemble à aucun autre et que pour avoir des informations précises il faudra vous rapprocher de votre caisse de retraite. 

À quel âge partirez-vous en retraite ? La réponse en vidéo

La décote : qu’est-ce que c’est ? 

Si vous n’avez pas cotisé suffisamment de trimestres, votre pension
subira une décote.

Il peut arriver qu’une fois l’âge légal de départ à la retraite atteint, vous ne puissiez pas toucher le total de votre pension. Pourquoi ? Car vous n’avez pas cotisé suffisamment de trimestres. On appelle cela la décote. Tous les régimes confondus sont concernés. Vous avez tout de même droit à des recours pour échapper à la décote, nous verrons cela plus tard. Cependant, même si vous n’avez pas tous vos trimestres vous avez la possibilité de demander votre départ à la retraite. Vous ne serez donc pas bloqué, mais le montant de votre pension sera réduit. La décote devient alors viagère. Pourquoi ? Car elle sera appliquée jusqu’au décès. Heureusement, elle ne peut pas excéder 20 trimestres, contrairement à la surcote qui n’est pas plafonnée.

Bon à savoir : la retraite anticipée à 58 ans est toujours possible dans certains cas. Même si vous n’avez pas cotisé tous vos trimestres, il existe des solutions pour en profiter. Carrière longue, carrière pénible ou handicap, en fonction de l’âge auquel vous avez commencé, vous êtes en droit de faire votre demande de retraite anticipée. 

Les exceptions à la décote

Certaines situations permettent à l’assuré de ne pas subir de décote sur sa pension de retraite de base. Il s’agit :

  • des personnes présentant un taux d’incapacité permanente (IP) d’au moins 50 % ;
  • des parents d’enfants handicapés qui ont arrêté de travailler pendant au moins 30 mois consécutifs pour s’en occuper (ils ne subissent pas de décote s’ils prennent leur retraite à 65 ans) ;
  • des fonctionnaires nés entre le 1er juillet 1951 et le 31 décembre 1955, parents d’au moins 3 enfants, pouvant justifier d’au moins 15 ans de service et ayant interrompu leur activité pendant au moins 2 mois pour la naissance ou l’adoption d’1 de leurs enfants.

Rappel : Comme nous vous en parlions un peu plus haut, si vous bénéficiez d’une retraite anticipée pour cause de carrière longue vous ne subirez pas d’une décote. Pourquoi ? Tout simplement, car le principe même du départ anticipé c’est de justifier d’un certain nombre de trimestres cotisés. Donc, par déduction la décote ne vous concerne pas.

Quel est l’âge légal de retraite pour vous ? 

Date de naissance

 Âge minimal de départ         Décote par trimestre manquant         Âge du taux plein    
194 8 60 ans 1,88 % 65 ans
1949 60 ans 1,75 % 65 ans
1950 60 ans 1 625 %  65 ans
Du 01/01/1951 au 30/06/195 1 60 ans 1,5 %  65 ans
Du 01/07/1951 au 31/12/1951 60 ans et 4 mois 1,5 % 65 ans et 4 mois
1952 60 ans et 9 mois 1,38 % 65 ans et 9 mois
1953 61 ans et 2 mois 1,25 % 66 ans et 2 mois
1954 61 ans et 7 mois 1,25 % 66 ans et 7 mois
1955, 1956, 195 7 62 ans 1,25 %  67 ans
1958, 1959, 196 0 62 ans 1,25 %  67 ans
1961, 1962, 196 3 62 ans 1,25 %  67 ans
1964, 1965, 196 6 62 ans 1,25 %  67 ans
1967, 1968, 196 9 62 ans 1,25 %  67 ans
1970, 1971, 197 2 62 ans 1,25 % 67 ans
1973 et au-delà 62 ans 1,25 % 67 ans

Un peu de vocabulaire

Avant d’aller plus loin, il est important de clarifier quelques points. C’est le moment de prendre des notes afin de ne pas confondre un terme avec un autre. On vous le concède, la retraite n’est pas la chose la plus simple à comprendre. Il est donc important de comprendre dès le début ce que chaque expression ou mot signifie :

  • Décote et surcote : Coefficient de minoration ou de majoration appliqué à la pension retraite d’un assuré.
  • Durée d’assurance : Total des trimestres validés. Durée qui servira de base de calcul de vos droits à la retraite. Des minorations seront appliquées si le nombre de trimestres est insuffisant pour percevoir une retraite à taux plein.
  • Taux de liquidation : Taux pris en compte pour le calcul de votre retraite. Le taux maximal est également appelé « taux plein ».
  • Taux plein : taux auquel la pension est liquidée sans application d’un abattement.

Ne pas confondre âge légal et âge à taux plein :

  • L’âge légal de départ en retraite correspond à l’âge à partir duquel vous pouvez prendre votre retraite (quitte à avoir une pension minorée par manque de trimestre)
  • L’âge à taux plein correspond à l’âge à partir duquel la pension de retraite ne sera pas minorée. Retraite à 100 %

L’âge pivot à 64 ans

Vous avez sans doute entendu parler de l’âge pivot proposé par Jean-Paul Delevoye dans ses préconisations pour la réforme des retraites. Il faut dire que ça a fait du bruit. LE président avait promis de ne pas augmenter l’âge légal de départ à la retraite (62 ans pour la majorité de la population) et tout à coup l’âge de 64 ans débarque. Essayons d’y voir un plus clair.

Certes, les assurés pourront toujours partir à la retraite à 62 ans, mais le gouvernement a eu une idée pour inciter les Français à travailler plus longtemps : un « âge d’équilibre » appelé aussi « âge pivot ». À quoi sert-il ? Grâce à lui l’assuré pourrait bénéficier d’une retraite à taux plein. L’objectif du gouvernement : passez l’âge moyen de départ à 63 ans ou 64 ans.

En quoi ce système sera favorable aux assurés ? Le gouvernement l’accompagnera d’un système de bonus-malus. Il consistera à récompenser l’assuré qui partira à la retraite plus tard en augmentant sa pension. À l’inverse, s’il décide de partir avant l’âge d’équilibre (64 ans), sa retraite subira une décote et sera donc moins importante. Un système à double tranchant… 

La retraite à 67 ans 

C’est à 67 ans que vous pouvez toucher votre retraite 
complémentaire à taux plein.

À 67 ans, un salarié qui n’a pas cotisé le nombre de trimestres nécessaire pourra partir à la retraite sans pénalité de minoration (décote). Néanmoins, sa pension sera calculée au prorata du nombre de trimestres cotisés. C’est également à cet âge qu’un salarié peut percevoir sa retraite complémentaire à taux plein, même s’il n’a pas cotisé le nombre de trimestres requis pour la retraite de base.

Pour certaines catégories de personnes, cet âge reste fixé à 65 ans :

  • Les parents de 3 enfants nés entre le 1er juillet 1951 et le 31 décembre 1955, ayant interrompu ou réduit leur activité professionnelle pour élever au moins l’un d’eux pendant l’équivalent d’au moins 1 an au cours de ses 3 premières années, à condition d’avoir cotisé au préalable au moins 8 trimestres ;
  • Les parents d’un enfant handicapé qui s’en sont occupés pendant au moins 30 mois ;
  • Les aidants familiaux ayant interrompu leur activité professionnelle à ce titre pendant au moins 30 mois consécutifs.

Foire aux questions 

Peut-on obliger quelqu’un à prendre sa retraite ? 

La réponse est oui, une fois que vous avez soufflé votre 70e bougie, votre employeur est en droit de vous demander de partir à la retraite. Il n’aura pas besoin de vous demander votre avis, il vous met tout simplement à la retraite d’office. Par contre, si vous n’avez pas encore fêté vos 70 ans, il pourra vous proposer de partir à la retraite, mais il ne pourra pas vous obliger de le faire. En effet, votre employeur doit obtenir votre l’accord. Autre petite condition à remplir pour envoyer cette « proposition », il faut que vous, son employé ait atteint l’âge d’ouverture automatique du droit à pension à taux plein. Si ce n’est pas le cas, il devra attendre. 

La retraite anticipée, comment ça marche ? 

Depuis 2012, le dispositif de retraite anticipée pour longues carrières a été étendu aux assurés qui ont commencé à travailler avant 20 ans. Ce qui signifie que ceux qui ont commencé à travailler jeune peuvent partir à la retraite dès leurs 60 ans, soit 2 ans avant l’âge légal de départ à la retraite. Voilà pour 2012, mais les règles qui faisaient foi avant cette date sont toujours en vigueur, c’est-à-dire que les assurés qui ont commencé à travailler avant 16 ans ont toujours la possibilité de partir en retraite à partir de 58 ans.

Date de naissance

Début d’activité Durée cotisée Départ à partir de
1960 Avant 16 ans 175 58 ans
Avant 20 ans 167 60 ans
1961, 1963, 1964 Avant 16 ans 176 58 ans
Avant 20 ans 168 60 ans
1964, 1965, 1966 Avant 16 ans 177 58 ans
Avant 20 ans 169 60 ans

Prendre sa retraite à 40 ans, c’est possible ? 

Frugalisme : pourquoi attendre 62 ans
lorsqu’on peut prendre sa retraite à 40 ?

Vive la liberté ! C’est ce que prônent les partisans d’un étrange mouvement nommé : frugalisme. Né aux États-Unis, le frugalisme prône la déconsommation à travers un mode de vie simple. Il concerne toutes les personnes qui ont pris la décision de partir à la retraite de manière prématurée. Par cela on entend : à partir de 35 ans environ, même si la plupart des adeptes de ce mouvement partent à la retraite à 40 ans. 

Ce concept est, pour le moment, davantage accessible aux classes supérieures et moyennes. Ces nouveaux « jeunes retraités » se concentre sur leurs besoins et non sur ce qu’ils désirent pour tirer parti du système capitaliste. Leur but : sortir du capitalisme. Utopiste ? De plus en plus de personnes tentent l’expérience. L’idée : réfléchir à sa façon de dépenser et devenir plus innovant pour :

  • investir ;
  • mieux épargner son argent.

Pour y parvenir, les frugalistes suivent une « règle d’or » dite des 4 % : disposer d’un patrimoine au moins 25 fois supérieur au montant de ses dépenses annuelles. Si elles s’élèvent à 2000 euros par mois, il faudra par exemple un patrimoine de 600 000 euros, permettant de vivre des 4 % de rendement généré.

►Lire aussi :

Simulez vos économies d'impôts grâce au Plan Epargne RetraiteSimulation gratuite