Investir dans l'art : solutions, démarches, rendement et fiscalité

David sculpture by Michelangelo. Close up with dark background. (left version)

Sommaire de l'article

Entre juillet 2018 et juin 2019, il s'est vendu pas moins de 71 400 œuvres d'art contemporain dans le monde, pour une somme totale de 1,7 milliard €. Autant dire qu'investir dans l'art en 2019 s'est révélé plutôt rentable. Et en 2020 ? À l'heure où les marchés boursiers et l'immobilier subissent de plein fouet les effets de la pandémie, faut-il investir dans l'art en 2020 ? Comment investir dans l'art ? Quel artiste ?

L'art, un placement plaisir et un marché rentable 

"Joindre l'utile à l'agréable", voilà comment l'on pourrait définir l'investissement dans l'art. Décorrélées des fluctuations des marchés boursiers et immobiliers, les œuvres d’art sont considérées par beaucoup comme une valeur refuge, à l'instar de l'or ou de la pierre. Le marché de l'art est supportée par l'émergence de que les experts désignent comme l'économie muséale

L'art est un investissement riche et très diversifié. En plus des tableaux, il existe une multitude de façons d'investir dans l'art, même avec un petit budget : livres anciens, photos, gravures, pièces de monnaie, vêtements d'époque, voitures de collections, etc.

L'index complet des artistes contemporains recensés à la vente est disponible sur le site d'Art Price, le leader mondial de l'information sur le marché de l'art.

En quinze ans, il s’est ouvert plus de musées que durant tous les 19ème et 20ème siècle. Véritables villes-champignons, les musées fleurissent à travers le monde : on compte 700 nouveaux établissements dédiés à l'art chaque année, dont 70% s'ouvrent en Chine. Une fois ouverts, encore faut-il les remplir. Pour être "rentable", un musée doit contenir environ 4 000 ou 5 000 œuvres, toutes catégories confondues. De ce fait, les musées d'art contemporain se livrent une véritable guerre (commerciale) pour acquérir les œuvres les plus recherchés, et n'hésitent pas à y mettre le prix.

Mais surtout, ce qui fait la force du marché, c'est que contrairement à certains secteurs d'investissement qui misent sur la revente pour générer des plus-values, les musées préfèrent les conserver (on dit qu’ils les « avalent »), ce qui tire l’ensemble du marché vers le haut.

Comment investir dans l'art ?

Voici nos conseils pour un investissement dans l'art réussi :

  • Informez-vous :
  • Fuyez les modes :
  • Choisissez des pièces adaptées à votre budget :
  • Achetez avec le cœur :
  • Profil prudent ? Misez sur l'art classique :

Pourquoi investir dans l'art en 2020 ?

Une fiscalité douce

Comment faire pour reconnaître
un artiste qui demain sera au MoMa ?

L'art possède l'avantage (rare) de combiner des rendements très intéressants, à partir de 20 000 €, à une fiscalité douce. En effet, comme l'or, la seule détention d'œuvres d'art ne supporte aucune imposition. C'est lors de la revente qu'arrivent les impôts et prélèvements sociaux.

Sans parler de la dimension culturelle. Car, rappelons-le, l'art est, comme le vin, un investissement plaisir avant tout, dont l'objectif n'est pas tourné vers la rentabilité ou la spéculation mais la diversification du patrimoine. Investir dans l'art permet de promouvoir les artistes, de protéger les œuvres et de les faire connaître, c'est en quelque sorte une façon d'investir responsable.

Art et IFI : un mariage heureux

Bien qu'étant un placement principalement prisé des entreprises, l'investissement dans l'art intéresse aussi les particuliers. Il fait partie de ces secteurs où l'on peut investir pour défiscaliser

Dans cette optique, l'art est est surtout avantageux pour les contribuables assujettis à l'Impôt sur la Fortune Immobilière (IFI). Les objets de collection et créations originales que vous acquérez peuvent servir de moyen de paiement pour les impôts comme l'IFI ou les droits de succession. Un mode de transaction rendu possible grâce à la Loi Malraux.

Cela dit, la défiscalisation par l'art n'en est pas moins un placement intéressant même pour les foyers moyennement aisés : ils peuvent faire jouer l'avantage fiscal sur la plus-value lors d’une vente, d’un héritage ou d’une transmission. En parlant de transmission, sachez qu'en cas de décès du détenteur de l'œuvre, ses héritiers peuvent payer leurs droits de succession en cédant à l’État un objet d’art (dation en paiement).

Un placement stable

Comme nous le disions en introduction, l'art ne subit pas les fluctuations et les écueils auxquels sont souvent confrontées la Bourse et la pierre. Or, depuis le début de l'année 2020, ces deux secteurs naviguent à travers des eaux particulièrement houleuses. La faute notamment à la pandémie mondiale de coronavirus, dont on a pu voir les retombées sur les marchés financiers.

Dans ce contexte de crise, investir en 2020 se fait sous le signe de la prudence. Les investisseurs cherchent avant tout la sécurité, la stabilité. D'où une recrudescence d'intérêt pour les produits d'épargne et les placements financiers comme l'assurance vie ou le Plan Épargne Retraite.

Fiscalité des œuvres d'art

Comme évoqué plus haut, la seule détention d'œuvres d'art ne supporte aucune fiscalité. Ce qui est imposable, c'est la vente. Et encore : une œuvre d’art dont la valeur est inférieure à 5 000 € est totalement exonérée de plus-values de revente. Et ce indépendamment de l'acquéreur (un musée, une bibliothèque ou encore un service d'archives labellisé auprès du Ministère de la Culture).

Au-delà de ce montant, le bien est soumis :

  • soit au régime "forfaitaire", sous forme d'une taxe égale à 6,5 % du prix total de la vente ;
  • soit au régime "réel" sur la plue-value : 19 % de taxe et 17,2 % de prélèvements sociaux prélevés sur les gains.
Bon à savoir : si vous optez pour l'imposition au régime réel, au bout de deux ans de détention, un abattement de 5 % par an s’applique sur la taxe. Les plus-values sont totalement exonérées d’impôts au bout de 22 ans de détention.  

Les fonds d'investissement dédiés à l'art

1 collectionneur sur 5 possède plus de 200 œuvres d'art.

Pour celles et ceux qui souhaitent soutenir et encourager la création artistique sans pour autant détenir directement des œuvres, il existe des fonds d'investissement dédiés à l'art. À l'instar des groupements fonciers forestiers, des groupements viticoles ou encore des SCPI, ces sociétés permettent d'investir de façon dématérialisée. Parmi les plus connues, on peut citer SGAM Ai Art Fund (propriété de la Société Générale) ou encore Art Collection Fund.

Cependant, il est nécessaire de préciser que si ces véhicules financiers peuvent convenir pour qui cherche à diversifier son patrimoine avec des actifs tangibles, ils sont surtout destinés à une clientèle fortunée, et qui peut se permettre de conserver les œuvres pendant un certain temps. Et pour cause : le ticket d’entrée coûte 125 000 € chez SGAM AI Art Fund, 500 000 € chez Art Collection Fund...

Foire aux questions

Fallait-il investir dans l'art en 2018 ?

2018 s'est avérée être une année chargée sur le plan fiscal :

  • suppression de l'ISF au profit de l'IFI,
  • reconduction de la loi Pinel,
  • mise en place du prélèvement à la source,
  • introduction de la flat tax sur les revenus du capital,
  • etc.

Autant de changements qui ont poussé les investisseurs à s'interroger sur leurs stratégie de placements. Concernant l'art, il semble que toutes les nouveautés fiscales n'aient pas trop impacté le marché : selon les chiffres dévoilés par Artprice, le secteur était en progression de 18% sur le premier semestre 2018. Exonéré d'ISF, l'art n'entrait pas non plus dans l'assiette de calcul de l'Impôt sur la Fortune Immobilière consécutif à la loi de finances 2018.

Pour aller plus loin :

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