L’âge de départ, les cotisations, la durée d’assurance, les majorations et le montant de la retraite de l’Opéra de Paris font l’objet d’un régime spécial : la Caisse de retraite des personnels de l’Opéra national de Paris. Récemment, les bénéficiaires de ce régime ont fait part de leur refus de voir leur régime spécial disparaître dans le projet de réforme des retraites. Bilan : sept semaines de grève consécutives. Comment fonctionne la retraite d’un danseur de l’Opéra de Paris ?

 

Régimes spéciaux de retraite : l’Opéra de Paris

On appelle « régimes spéciaux » les régimes de retraite exclusivement attachés à une entreprise ou une institution. Cela signifie qu’ils concernent uniquement un secteur ou une catégorie de métiers. Les plus connus étant le régime de retraite de la RATP et de la SNCF. Mais il en existe bien d’autres : la Banque de France, le régime des Mines, la Comédie Française, le régime des députés, le régime des fonctionnaires, etc.

Que changerait la réforme des retraites pour le personnel de l’Opéra de Paris ?

Avec la Comédie Française, l’Opéra de Paris est la seule institution culturelle concernée par la réforme des retraites du gouvernement. Une réforme qui passe très mal chez les personnes concernées par ce régime spécial. Comme le rappelle la Caisse de retraite des personnels de l’Opéra de Paris, l’institution a, depuis sa création, toujours un point d’honneur à garantir à ses effectifs une retraite décente :

 « Depuis les premières mesures décidées, il y a trois siècles, par Louis XIV en faveur des artistes, l’Opéra national de Paris s’est toujours préoccupé des conditions de retraite de son personnel. Justifié par les spécificités des professions exercées, le régime spécial de retraite est devenu progressivement un des éléments du statut des salariés de l’Opéra ».

 Caisse de retraite des personnels de l’Opéra de Paris.

réforme des retraites opéra
Opéra de Paris : l’un des plus anciens régimes de retraite français

Le régime spécial de retraite de l’Opéra est l’un des plus anciens de France, puisqu’il date de 1698. Créé par Louis XIV afin de soutenir les artistes, ce régime permet aux adhérents de s’arrêter de travailler à 42 ans, compte tenu de la « pénibilité » du métier et des risques de blessure. Un âge minimum rare, qu’on ne retrouve que dans certains régimes de l’armée et pour certains agents de la fonction publique, de catégorie active, comme les policiers ou les gendarmes.

Lire aussi : La retraite du combattant

Or, comme le précise le rapport Delevoye, le nouveau système des retraites signifierait la fin des régimes spéciaux, et l’instauration de « règles communes à tous, quel que soit son statut ». Autrement dit, la retraite des danseurs de l’Opéra de Paris sera calquée sur celle des salariés du régime privé. Comme les avocats, le barème de cotisations passerait à 28,12 %. Les primes seraient intégrées dans le calcul des droits à la retraite.

Concernant la question de la pénibilité, centrale dans ce régime, et de départ anticipé à la retraite, le Compte Professionnel de Prévention (C2P), qui va être étendu aux régimes spéciaux, s’appliquerait donc à l’Opéra de Paris. Une solution jugée très insuffisante pour les professionnels de l’Opéra.

Extrêmement physique, la profession de danseur commence vers dix ans, âge de présentation du concours d’entrée de l’École de danse de l’Opéra, qui implique de sortir du circuit normal de la scolarité. De ce fait, de nombreux danseurs et danseuses arrivent à la quarantaine sans autre formation que celle de l’Opéra. Par ailleurs, la majorité d’entre eux, à partir de cet âge, peinent à maintenir le même niveau d’excellence en dansant.

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Régime de retraite de l’Opéra de Paris : 

retraite danseur de l'opéra de paris
Opéra de Paris : 1 900 cotisants, pour 1 800
pensionnés 
fin 2017

Pour bénéficier du régime spécial de l’Opéra national de Paris, y travailler ne suffit pas : seuls les salariés en CDI et le personnel artistique en CDD peuvent y adhérer. En revanche, le régime englobe toutes les professions, et pas uniquement les danseurs : artistique, technique, administrative.

Mais ce n’est pas tout : le régime de retraite ne devient accessible qu’au bout d’une année de service à l’Opéra de Paris. Le taux plein quant à lui, est débloqué au bout de 15 ans. Ce taux est le même que celui des fonctionnaires : 75 %, qui peut être majoré à 80 % en cas de bonifications.

Les majorations, bonifications et minorations du régime de retraite de l’Opéra de Paris

Comme dans tous les régimes de retraite, une majoration de 10 % du montant de la pension est accordée aux assuré(e)s parents d’au moins 3 enfants, à condition de les avoir élevés jusqu’à leurs 16 ans. À partir du 4e enfant, l’assuré(e) bénéficie de 5 % par enfant supplémentaire.

Comme sur toutes les pensions, la décote et la surcote s’appliquent. La première est un coefficient de minoration, appliqué lorsque la durée d’assurance effective est inférieure à celle requise pour l’obtention du taux plein. A contrario, si l’assuré(e) justifie d’une durée d’assurance supérieure à celle requise pour obtenir le taux plein, un coefficient de majoration s’appliquera sur le montant de sa pension.

Les cotisations retraite du régime de l’Opéra de Paris

Les modalités de calcul de la pension de retraite des danseurs de l’Opéra national de Paris sont similaires à celles des autres régimes. La caisse de retraite se base sur un salaire de référence, appelé émolument de base. Elle prend en compte la durée d’assurance effectivement travaillée, les éventuelles majorations et minorations. Ce qui donne la formule de calcul suivante :

[Salaire de référence x (75 % x nombre de trimestres Opéra)]/(nombre de trimestres requis)

L’assiette des cotisations de retraite des danseurs de l’Opéra de Paris correspond aux appointements et salaires fixes qu’ils perçoivent au théâtre. Les taux sont de 7,85 % à la charge du salarié et 8,80 % à la charge de l’employeur. En plus, les affiliés sont tenus de verser un droit spécial sur les places occupées au théâtre.

Quel est l’âge de départ à la retraite du personnel de l’ONP ?

On distingue deux catégories de personnel à l’Opéra de Paris :

  • les professions dites artistiques, qui comprennent les danseurs, les chanteurs, les cœurs et l’orchestre.
  • Les professions techniques et administratives.

L’âge légal de départ à la retraite diffère bien évidemment fortement selon les professions :

  • 42 ans pour les danseurs,
  • 50 ans pour les artistes du cœur (porté progressivement à 57 ans en 2029),
  • 55 ans pour les professionnels techniques en cas de fatigue exceptionnelle (portés à 57 ans en 2024, puis 62 ans en 2029),
  • 60 ans pour les artistes de l’orchestre, chefs de chant, pianistes-accompagnateurs
  • et 62 ans pour les autres personnels.

À titre de comparaison, les actifs du régime général (salariés, salariés-cadres, commerciaux, libéraux, etc.) peuvent s’arrêter de travailler à partir de 62 ans.

Foire aux questions

Quel est le montant de la retraite d’un danseur de l’Opéra de Paris ?

Le montant de la retraite d’un danseur d’opéra dépend de son grade. La retraite d’un danseur étoile sera plus élevée que celle d’un quadrille par exemple. Par exemple, un quadrille touchera une pension de retraite nette de 1 200 € mensuels, sous réserve d’avoir effectué une carrière complète.

Pour un danseur étoile, il est difficile de donner un montant exact, car la pension de retraite dépend des rémunérations perçues tout au long de sa carrière. Or, le salaire d’un danseur étoile est renégocié, tous les ans, en fonction de sa popularité

Où peut-on trouver une grille des salaires de l’Opéra de Paris ?

L’Opéra de Paris ne publie pas directement de grilles de salaire. On sait que dans le ballet de l’Opéra national de Paris, le salaire dépend directement du grade :

  • 5e échelon : quadrille
  • 4e échelon : coryphée
  • 3e échelon : sujet
  • 2e échelon : premier danseur
  • 1er échelon : étoile

La rémunération d’un quadrille s’élève à 2 000 € net. Celui d’étoile se situe entre 5 000 € et 7 000 €. En moyenne, le salaire net moyen d’un danseur de ballet s’élève à 4 180 € mensuels, celui d’une danseuse à 4 000 €. Le salaire du débutant en danse, généralement intermittent du spectacle, est de 1500 € brut par mois.

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