Quelle retraite lorsqu'on a travaillé à l'étranger ?

ビジネスイメージ

Sommaire de l'article

Au 31 décembre 2018, le nombre d’inscrits au registre des Français tenu par les consulats s’élève à 1 802 382, soit une légère baisse (-1,05 %) par rapport à 2017. Au total, le Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères estime à environ 2,5 millions le nombre global de Français vivant à l’étranger, inscrits ou non au registre. De plus en plus d’entre eux choisissent de s’expatrier pour vivre une partie, ou la totalité de leur carrière professionnelle à l’étranger. Un choix qui n’est pas sans conséquence pour leur retraite. Comment récupérer ses trimestres de retraite après une vie à l’étranger ? Comment se déroule la validation des trimestres après un travail à l’étranger ? On fait le point ici.

Simulez vos économies d'impôts grâce au Plan Epargne RetraiteSimulation gratuite

Comment récupérer sa retraite après avoir travaillé à l’étranger ?

Avant toute chose, il est important de distinguer deux catégories de travailleurs à l’étranger : le travailleur détaché et l’expatrié.

  • Le détachement est un statut temporaire. Un salarié détaché travaille à l’étranger pour le compte de son employeur, mais de façon temporaire. D’ailleurs, la durée du détachement (qui peut aller de 6 mois à 6 ans selon le pays) est prévue dans le contrat. Un salarié détaché, même plusieurs années, reste rattaché au système de retraite français. Il cotise pour sa retraite en France, et les trimestres travaillés à l’étranger sont ajoutés au calcul de la durée d’assurance.
  • L’expatriation concerne tout salarié amené à travailler en dehors du territoire français, dès lors que la mission dure plus de 3 mois. Le salarié expatrié n’est plus compté comme salarié de l’entreprise. Il est affilié à la protection sociale du pays où il est affecté et cotise normalement pour sa retraite dans le pays où il travaille.

►Lire aussi : Toucher sa retraite en continuant à travailler : c’est possible !

Travail à l'étranger : comment sera calculée ma retraite ?

Travailleurs détachés

D’après le rapport 2019 de la Cour des comptes, 
75 822 Français sont détachés à l’étranger.

Même détaché à l'international, un salarié reste rattaché contractuellement à son entreprise française. Le détachement n'a donc aucun impact sur le calcul des trimestres de retraite. Les trimestres cotisés à l’étranger dans le cadre d’un détachement comptent comme des périodes travaillées et sont ajoutés à la durée d’assurance du travailleur. 

Pour simplifier les démarches administratives de travailleurs détachés, les pays ont mis en place des conventions collectives qui régissent la Sécurité sociale et le statut de l’assuré. 

Si la convention inclut l’assurance vieillesse, les cotisations versées par le salarié ou son employeur sont acquittées en France, et non dans le pays d’accueil.

Si aucune convention n’a été mise en place, c’est la législation française qui s’applique. Mais s’il existe un régime de retraite obligatoire dans le pays d’accueil, le salarié pourra être dans l’obligation d’y cotiser également.

►Lire aussi : Peut-on toucher une retraite sans avoir travaillé ?

Travailleurs expatriés : les droits à la retraite dépendent du pays d’accueil

Le salarié expatrié, lui, cotise dans le pays où il travaille. Il peut, s’il le souhaite, cotiser en France après d’une Carsat (les caisses régionales de la Caisse Nationale d’Assurance-Vieillesse), mais devra tout de même cotiser dans son pays d’accueil. Il est par ailleurs possible de cotiser pour une retraite complémentaire auprès de la Caisse de retraite des expatriés (CRÉ).

Vous êtes expatrié(e) dans l’Union européenne

Dans les pays membres de l’Union européenne, les expatriés sont pris en charge par la législation locale pour tout ce qui concerne le calcul des droits à la retraite. C’est le cas dans tous les pays membres de l’Union européenne, mais aussi en Suisse, en Norvège, au Liechtenstein et en Islande. Le travailleur expatrié reçoit une pension de retraite versée par les régimes de retraite locaux.

Dans le cas où l’expatrié(e) travaille dans plusieurs pays différents, les différentes pensions touchées dans les pays d’accueil sont additionnées pour obtenir le montant total de la retraite. La Sécurité sociale française peut « compléter » le montant si le total des pensions est inférieur au montant du minimum vieillesse.

Vous êtes expatrié(e) hors de l’Union européenne

Afin de simplifier le déplacement des travailleurs à l’international, les conventions bilatérales mises en place entre les pays sont très proches de celles en place dans l’Union européenne. Au total, ce sont 36 États qui ont passé des accords bilatéraux avec la France concernant les droits à la retraite des salariés :

Afrique Amérique Océanie Asie Europe
Algérie, Bénin, Cameroun, Cap-Vert, Côte d’Ivoire, Gabon, Mali, Maroc, Mauritanie, Niger, Sénégal, Togo, Tunisie, Turquie Canada, Chili, États-Unis, Québec, Saint-Pierre-et-Miquelon Polynésie, Nouvelle-Calédonie Corée, Inde, Israël, Japon, Mayotte, Philippines Andorre, Bosnie, Croatie, Macédoine, Monaco, Monténégro Serbie, Guernesey, Jersey

Dans les pays qui n’ont pas signé d’accord bilatéral avec la France, aucune coordination n’est prévue. Le travailleur expatrié peut cotiser sur place en respectant la législation locale. Il a la possibilité de continuer à cotiser volontairement en France pour profiter d’une pension plus élevée une fois à la retraite. 

Bon à savoir : dans un pays non conventionné, la prise en compte des trimestres travaillés à l’étranger avant 1983 par les caisses de retraite est automatique. Ces trimestres sont considérés par la CNAV comme des « périodes équivalentes » et viennent s’ajouter aux trimestres validés ou assimilés.

Foire aux questions

Travail en Angleterre et retraite : que va changer le Brexit ?

Actuellement, un Français expatrié au Royaume-Uni qui prend sa retraite bénéficie des règlements européens de sécurité sociale. En cas de sortie de l’Union européenne, plusieurs solutions sont possibles, selon qu’un accord aura été mis en place ou non. Dans le cas où le Royaume-Uni serait devenu un État tiers, il devra signer de nouveaux accords avec les États membres pour encadrer les futures relations. Il y a de fortes chances pour que cet accord s’aligne sur ceux passés entre les États membres de l’UE et la Suisse, la Norvège, le Liechtenstein ou l’Islande.

Quelle est la retraite des étrangers ayant travaillé en France ?

Si elle se trouve en possession d’un titre de séjour valide, toute personne née à l’étranger ayant travaillé toute sa vie en France dispose des mêmes droits à la retraite qu’une personne née sur le sol français. Ils bénéficient des mêmes droits au chômage et de la même protection en cas d’invalidité pour la retraite

J’ai travaillé en Espagne, de quel pays dépend ma retraite ?

Tout dépend ; si vous étiez salarié(e) détaché(e), c'est la France qui gère et calcule vos droits à la retraite. Si vous étiez expatrié(e), vos cotisations versées en Espagne ne seront donc pas reversées auprès de votre caisse de retraite française. Au moment de votre départ en retraite, vous pourrez déposer une seule demande de retraite auprès du régime de base de votre pays de résidence ou de celui où vous avez cotisé en dernier lieu

►Lire aussi :

Simulez vos économies d'impôts grâce au Plan Epargne RetraiteSimulation gratuite