Réforme des retraites : le rôle de Jean-Paul Delevoye

Réforme des retraites Jean-Paul Delevoye

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Le projet de loi de la réforme des retraites marque indéniablement le mandat du Président Emmanuel Macron. Depuis l’année 2017, les enjeux de la réforme des retraites sont présentés par celui qui en deviendra le Haut Commissaire : Jean-Paul Delevoye. Le système universel à points proposé par ce dernier est loin de faire l’unanimité dans une France déjà sous tension avec le mouvement des gilets jaunes. Quel rôle a réellement tenu Jean-Paul Delevoye dans ce projet de réforme ? Qui le remplace aujourd’hui ? Tacotax vous donne quelques explications concernant la réforme des retraites.

Jean-Paul Delevoye : le “monsieur retraite” du gouvernement

On entend son nom dans tous les médias : qui est Jean-Paul Delevoye, haut commissaire à la réforme des retraites en France ? Lorsqu’on lui demande de se présenter, il se qualifie “d’homme de droite avec une fibre sociale” : revendiquant fièrement sa fidélité à Jacques Chirac, il est l’auteur d’un rapport qui va plonger la France dans le chaos. Comprendre la réforme des retraites, c'est avant tout en connaître les acteurs !

Un Chiraquien assumé

La réforme des retraites fait parler d'elle dès 2017.

Le moins qu’on puisse dire, c’est que Jean-Paul Delevoye s’y connait en politique : le septuagénaire est devenu ministre de la Fonction publique dans le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin en 2002. Accumulant des décennies d’expérience en tant que maire de Bapaume, sénateur, ou encore président de l’association des maires de France, il se forge un nom et une réputation d’homme engagé. 

En 2015, il quitte le Conseil Économique Social et Environnemental (CESE) dont il avait la présidence pour s’engager auprès d’Alain Juppé, avant de se tourner habilement vers Emmanuel Macron pour devenir l’un des maillons forts du mouvement En Marche !

Haut Commissaire à la réforme des retraites : Jean-Paul Delevoye en tant qu’homme providentiel

En 2017, il est nommé haut commissaire aux retraites et travaille dès lors sur un rapport visant à traduire en actes l’une des promesses électorales les plus importantes d’Emmanuel Macron : réformer le système de retraites. 

La future nouvelle réforme des retraites en France prend un tournant en 2019 et devient une réalité certaine lorsque Jean-Paul Delevoye remet au Premier ministre Édouard Philippe le 18 juillet de cette même année son rapport contenant des préconisations sur lesquelles s’appuiera le gouvernement pour mettre en place cette réforme. 

Un pari risqué de la part du gouvernement, conscient que la question des retraites est un sujet sensible en France, et que les événements et les mouvements de protestations de 1995 sont encore présents dans la mémoire des Français. 

Mais Matignon souligne l’efficacité et la maîtrise de la situation de Delevoye, qui s’affiche alors comme le visage de cette réforme, devenant du même coup la cible des détracteurs du projet de loi. 

► Lire aussi : Réforme des retraites : ce qui va changer pour mon épargne

Réforme des retraites : Jean-Paul Delevoye en tant que maillon faible

Un homme plus si providentiel

Fondation SNCF et projet de loi : un risque de conflit d'intérêts.

Le gouvernement, déjà handicapé par les mouvements sociaux des gilets jaunes, a dû faire face à un rejet massif du projet de loi, conduisant les Français à manifester et à faire grève. La France se trouve paralysée, les moindres prises de parole de Matignon sont scrutées et les contribuables espèrent faire suffisamment pression sur l'Élysée pour que celui-ci décide de calmer le jeu en faisant marche arrière. 

Malheureusement pour lui, Jean-Paul Delevoye vit alors en décembre 2019 une véritable descente aux enfers. Un scandale éclate suite à la divulgation d’informations concernant le haut commissaire qui aurait “omis” de déclarer 13 activités, dont deux bénévoles : il était notamment administrateur de l’Institut de Formation des Assureurs et siégeait au conseil d’administration de la Fondation SNCF

Des mandats certes bénévoles, mais qui peuvent générer un conflit d’intérêts, la SNCF ayant un rapport direct avec la réforme des retraites et les manifestations qui en découlent et qui paralysent les métropoles, en particulier Paris, privée de transports en commun pendant plusieurs semaines. 

Outre ces “oublis de déclaration”, Jean-Paul Delevoye aurait également revu à la baisse certains revenus lors de sa déclaration d'intérêts à la Haute Autorité pour la Transparence de la Vie Publique (HATVP), tandis que son utilisation de l’argent public pour payer un taxi personnel lui permettant de faire des allers-retours entre Paris et Bapaume, sa ville natale située dans le Pas-de-Calais éclate au grand jour.

Le remplacement

La pression des médias et des Français contre la réforme conduit Jean-Paul Delevoye à annoncer sa démission du gouvernement le lundi 16 décembre 2019. Il quitte alors son poste de haut commissaire à la réforme des retraites en admettant une légèreté coupable, mais en pointant du doigt la violence des détracteurs du projet de loi qui, selon lui, cherchent à porter atteinte à la réforme des retraites par le biais de sa personne.

Quoi qu’il en soit, Jean-Paul Delevoye est remplacé le 18 décembre 2019 par Laurent Pietraszewski, député LREM du Nord. Il devient Secrétaire d’État en charge des retraites et prend en main le dossier du projet de loi. Ce n’est pas un choix anodin de la part du Président de la République, puisque ce dernier était censé devenir le rapporteur direct du projet lorsqu’il serait examiné au Parlement en février 2020

La réforme : et maintenant ?

Les préconisations de Delevoye

Un système universel par points pour remplacer les 42 régimes existants aujourd'hui.

Dans le rapport remis à Édouard Philippe, Jean-Paul Delevoye préconise des éléments qui serviront de base au projet de loi : 

  • Un système de retraite universel fonctionnant par points et la suppression des 42 régimes existants,
  • Un taux de cotisation appliqué à tous les actifs,
  • Un âge pivot fixé à 64 ans avec un système de décote et de surcote, 
  • Un minimum de 1000 € de pension mensuelle après une carrière complète,
  • De nouveaux droits familiaux avec un pourcentage de majoration plus avantageux pour les femmes.

Bien évidemment, le déploiement d’une réforme de cette importance prendra du temps : les générations nées avant l’année 1975 continueront donc à cotiser selon le système de retraite actuel. Pour les actifs nés après 1975, le système actuel continuera à être appliqué, mais seulement jusqu’en  2037. Après quoi, le nouveau système de cotisation entrera en vigueur pour eux. Enfin, les contribuables entrant sur le marché du travail en 2022 seront soumis au nouveau régime dès le commencement de leur vie professionnelle. 

Prudence cependant : si la réforme des retraites entre en vigueur en 2025, la génération née en 1963 pourrait être la première à se voir appliqué le nouveau dispositif. 

Vous pouvez retrouver le rapport de Jean-Paul Delevoye en format PDF en cliquant ici.

► Lire aussi : Nouvelle réforme des retraites : les annonces de 2019

Le calendrier de la réforme

  • Le 24 janvier 2020 : le projet de loi de la réforme des retraites est présenté au Conseil des ministres.
  • En février 2020 : l’Assemblée nationale examine en première lecture le projet de loi.
  • Fin 2020 : le Parlement adopte de façon définitive la loi.
  • 2021 : marche de revalorisation des enseignants.
  • 2022 : entrée en vigueur du système universel pour les personnes nées à partir de l’année 2004.
  • 2025 : entrée en vigueur du système universel pour les assurés nés à partir de l’année 1975.

La réforme des retraites pourrait donc, dès 2025, entrer en vigueur et concerner tous les actifs nés à partir de 1975. 

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