Quelle est la retraite minimum sans cotisation ?

retraite minimum sans cotisation
Lydia Mdjassiri

Lydia Mdjassiri

Mis à jour le 08 juillet 2021

Le système de retraite français fonctionne selon un principe de prélèvements des revenus. L’assuré valide des trimestres pendant sa vie professionnelle, lui ouvrant des droits à une pension. Si l’on ne peut pas toucher de retraite sans avoir cotisé, il est en revanche possible de s’arrêter de travailler sans avoir validé tous ses trimestres, mais non sans conséquences. Mais alors, quel est le montant minimum de retraite ? Quel est le montant minimum de la retraite à taux plein ? Quel est le minimum retraite en 2021 ? Existe-t-il une retraite minimum sans cotisation ? Nous vous expliquons tout.

Comment fonctionne le système de retraite ?

Le calcul de la retraite est articulé autour de deux notions clefs, le temps pendant lequel l’assuré a cotisé, compté en trimestres, et son âge.

La durée d’assurance retraite

Pour prendre en compte l’allongement de l’espérance de vie, le nombre de trimestres minimum est déterminé en fonction de l’année de naissance.

Année de naissanceNombre minimum de trimestres cotisés
1953 - 1954165
1955 - 1956 - 1957166
1958 - 1959 - 1960167
1961 - 1962 - 1963168
1964 - 1965 - 1966169
1967 - 1968 - 1969170
1970 - 1971 - 1972171
À partir de 1973172

L’âge légal de départ à la retraite 

C’est l’âge minimum à partir duquel on peut décider de partir à la retraite, et donc de liquider ses droits. Il est actuellement de 62 ans pour toutes les personnes nées après le 1er janvier 1955.

Date de naissanceÂge minimum de départ en retraite
Avant le 1er juillet 195160 ans
Du 1er juillet au 31 décembre 195160 ans et 4 mois
195260 ans et 9 mois
195361 ans et 2 mois
195461 ans et 7 mois
195562 ans

Si l’assuré a cotisé le nombre de trimestres de référence lorsqu’il liquide ses droits, il touchera une pension à taux plein. Dans le cas contraire, sera calculée une décote.

Zoom sur la retraite anticipée

Dans certaines circonstances, il est possible de prendre sa retraite avant l’âge légal. C’est par exemple le cas lorsque l’assuré a commencé à cotiser jeune, ou lors d’une retraite anticipée pour pénibilité.

L’âge de départ à taux plein

À ne pas confondre avec l’âge légal de départ expliqué plus haut ! Il s’agit ici de l’âge à partir duquel il n’y a plus de décote si le nombre de trimestres minimum n’est pas atteint.

Comment calculer ma retraite ? 

La formule de calcul de la retraite est basée sur trois facteurs : le salaire annuel moyen, le taux de liquidation, et la durée de cotisation divisée par la durée de référence.

Retraite = Salaire annuel moyen × Taux de liquidation × (durée d’assurance ÷ durée de référence)

Chaque élément de la formule permet d’ajuster le montant de la pension aux différents cas de figure.

Le salaire annuel moyen correspond à la moyenne des salaires bruts des 25 meilleures années d’activité pour les salariés du privé, et les six derniers mois de traitement indiciaire pour les fonctionnaires. Compte tenu de l’inflation, un salaire touché il y a trente ans n’a pas la même valeur aujourd’hui. Lorsqu’on calcule le salaire moyen, on applique donc un coefficient de revalorisation  aux revenus passés pour obtenir leur équivalent moderne.

Le taux de liquidation est équivalent au taux plein (fixé à 50 % pour les salariés du privé, et à 75 % pour les fonctionnaires), après décote ou surcote éventuelle.

Le coefficient de proratisation correspond au rapport durée d’assurance / durée de référence.

Retraite à taux plein

Prenons comme exemple un salarié né en 1958, et voulant partir à la retraite en 2020, à 62 ans. Il vient donc d’atteindre l'âge légal de départ, et a déjà cotisé les 167 trimestres requis pour son année de naissance.

  • Salaire moyen : pour chacune des 25 années prises en compte dans son calcul, il va d’abord appliquer la revalorisation. S’il a gagné 20 000 € brut en 1995, il va multiplier cette somme par 1,354, et ainsi compter l’année 1995 à 27 090 € brut.
  • Après avoir revalorisé chaque année, il suffit de les additionner, puis de les diviser par 25 pour obtenir le salaire annuel moyen. Nous imaginons donc qu’il obtiendra un salaire annuel moyen de 35 000 €.
  • Taux de liquidation : n’ayant pas de trimestre manquant, il correspond au taux plein : 50 %.
  • Coefficient de proratisation : ce salarié a totalisé le nombre de trimestres requis : 1.

► Lire également : Les cotisations de retraite complémentaire en 2021

Retraite de base à taux plein : 35 000 € x 50 % x 1 = 17 500 €.

Quelle retraite sans la totalité des trimestres ?

À la question “Quelle retraite si on n’a pas tous ses trimestres”, la réponse est purement mathématique. Si un salarié n’a cotisé que 162 trimestres sur les 167 requis, et qu’il ne souhaite pas attendre de les obtenir, cela va affecter à la fois son taux de liquidation et son coefficient de proratisation.

Taux de liquidation minoré = Taux plein - (Coefficient de minoration × Nombre de trimestres manquants)

 “J’ai travaillé 10 ans : quelle retraite ?”

Le nombre de trimestres manquants est celui permettant d’atteindre le nombre de trimestres requis, ou bien celui permettant d’atteindre les 67 ans (âge de taux plein automatique). On prend en compte le nombre le plus avantageux. Dans notre exemple, il manque 5 trimestres pour atteindre les 167. On multiplie ce chiffre par le coefficient de minoration de l’année correspondante.

Date de naissanceDécote par trimestre manquant
19480,9375
19490,875
19500,8125
19510,750
19520,6875
1953 et au-delà0,625
  • Taux de pension minoré : 50 % - (0,625 × 5) = 46,875 % (Par ailleurs, son coefficient de proratisation sera affecté par le nombre de trimestres manquants).
  • Coefficient de proratisation : 162 ÷ 167 = 0,97 

La retraite de ce salarié sera donc de : Retraite minorée : 35 000 € × 46,875 % × 0,97 = 15 915,04 €.

Retraite proratisée sans décote

Dans un troisième cas de figure, le même salarié atteint les 67 ans, mais n’a toujours que 162 trimestres. Dans ce cas-là c’est le taux plein automatique, et il n’y a pas de décote. En revanche, son taux sera toujours proratisé. Ainsi, sa retraite sera : Retraite proratisée sans décote : 35 000 € × 50 % × (162 ÷ 167) = 17 181,81 €.

 Retraite majorée : la surcote

La surcote fonctionne comme la décote, à la différence que le coefficient est toujours le même, 1,25 %. En revanche, le coefficient de proratisation ne peut pas être supérieur à 1. 

La retraite avec surcote sera donc la retraite de base à taux plein, majorée de la surcote. Si dans notre premier exemple, le salarié avait cumulé 170 trimestres, il aurait 3 trimestres de plus que requis.

  • Surcote : 3 × 1,25 % = 3,75 %
  • Majoration de la pension de base : 17 500 € × 3,75 % = 656,25 €

Retraite majorée : 17 500 € + 656,25 € = 18 156,25 €

Comment obtenir ma retraite à taux plein ?

Il existe trois cas de figures pour avoir sa retraite à temps plein :

Avant 62 ans, il s’agit d’une retraite anticipée, sous conditions (carrière longue, pénibilité, invalidité…)

De 62 ans à 66 ans, vous avez atteint l’âge légal de départ à la retraite. Vous pouvez alors profiter du taux plein dans l’un de ces cas de figure :

  • En ayant cumulé le nombre de trimestres requis pour votre année de naissance
  • En ayant une dérogation particulière (inaptitude au travail reconnue, handicap, invalidité, ancien combattant…)

À partir de 67 ans, vous avez atteint l'âge de départ du taux plein automatique. Notez néanmoins que si vous n’avez pas totalisé le nombre de trimestres de référence, votre retraite de base sera quand même diminuée par le coefficient de proratisation.

► Lire aussi : Calcul de la cotisation retraite au RSI

Existe-t-il vraiment une retraite minimum sans cotisation ?

Quelle retraite pour les femmes qui n’ont jamais travaillé ? Il n’y a pas à proprement parler de retraite minimum sans cotisation, mais en conjuguant plusieurs mécanismes, des possibilités existent en cas de cotisations trop faibles.

Quel est le minimum de retraite que l’on peut toucher ? 

En premier lieu, le taux de liquidation ne peut pas subir une décote de plus de 20 trimestres. Il ne sera donc jamais inférieur à 37,5 %. Un salarié décidant de partir à la retraite à l’âge légal, en ayant cotisé 25 trimestres de moins que nécessaire, profitera du même taux de liquidation que s’il lui en manquait 20.

De plus, l'âge de taux plein automatique permet d’effacer toute décote. En revanche, l’écart entre le nombre de trimestres nécessaires et validés pèsera toujours sur la proratisation.

► Lire également : Apprentissage : quelles cotisations retraite ?

Qu’est-ce que le minimum vieillesse ?

Passé ces plafonds de décote et taux plein automatique, si la pension retraite est trop limitée, c’est un autre système qui prendra le relais à travers l’allocation de solidarité aux personnes âgées (ASPA), venue remplacer l’ancien minimum vieillesse.

Il s’agit d’une allocation différentielle, qui vient compléter les revenus des personnes âgées de plus de 65 ans, lorsqu’ils sont inférieurs à 10 838,40 € pour une personne seule, et à 16 826,64 € pour un couple.

Enfin, l’ASPA est cumulable avec certains revenus, tels que les prestations familiales ou l’allocation logement, ainsi qu’avec une partie des revenus d’activité.

Qui aura droit à la retraite à 1 000 euros ? 

À partir de 2022, les salariés agricoles et artisans commerçants pourront bénéficier d’une retraite à 1 000 euros, « dans le cas d’une carrière complète au Smic ». Une avancée pour des professions mal rémunérées à l’heure actuelle. Plus d'informations sur la réforme des retraites ici.

► Pour aller plus loin : 

Foire aux questions

🤷 J’ai travaillé 20 ans : quelle retraite ?

Si vous n’avez pas cumulé tous vos trimestres, certaines périodes de la vie peuvent être comptabilisées, même sans cotisation, on parle alors de trimestres assimilés.

Trimestres validés = trimestres cotisés + trimestres assimilés.

Ainsi, des périodes de chômage, congés maternité ou paternité, service militaire, stage de formation professionnelle, ou arrêts maladie prolongés peuvent entrer dans le compte du nombre de trimestres validés.