Comment investir dans le vin ?

Autumn panorama of Grape rows on vineyard in Austrian town Kitzeck im Sausal Leibnitz

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Investir dans le vin, c’est un peu comme entrer en Bourse : à l’instar d’un actionnaire, l’investisseur viticole achète les meilleures bouteilles d’investissement, les revend via des estimations gratuites. De même qu’avec les actions, il existe des indices et des cotes de vin, qui permettent aux investisseurs de suivre le marché, et d’analyser le marché des enchères. 

Investir dans le vin : rentabilité, fiscalité et choix des cépages

Produit de luxe et grande fierté de la gastronomie française, le marché du vin est devenu un domaine qui attire les investisseurs, amateurs comme confirmés, en France, séduits par la réputation sans précédent des crus du terroir et les multiples possibilités d’investissement : vins étrangers, vins biologiques, diversité des régions françaises, spiritueux, etc. Investissement pour le moins singulier, le vin est un placement souple, décorrélé de l’instabilité des marchés financiers. Contrairement au secteur immobilier, il ne subit que très peu de fiscalité.

►Lire aussi : 7 placements à privilégier en 2020 ?

Cela dit, si l’idée est attrayante, investir dans le vin n’est pas donné à tous. Le vin n’est pas un simple actif qui se bonifie avec le temps. Il doit rester un investissement plaisir, au même titre que les voitures de collections ou les chevaux de course. En aucun cas, le marché viticole ne doit être considéré comme un placement financier.

Pour l’investisseur, il s’agit de se constituer une cave, de diversifier son patrimoine, tout en respectant la réglementation et l’art de conserver le vin, s’il souhaite avoir une chance de générer une plus-value. En d’autres termes, on évite d’investir dans le vin pour la rentabilité, sous peine d’être rapidement désabusé.

Bon à savoir : attention à ne pas confondre l'investissement dans le vin avec l'investissement dans le vignoble, qui consiste généralement à acheter des parts de Groupement Foncier Viticole.

Investir dans le vin : quels vins choisir en 2020 ?

Les classiques : Bourgogne, Bordeaux et Rhône

Bourgogne, Bordeaux et Vallée du Rhône : la trinité viticole

On ne les présente plus. Pour quiconque cherche à se constituer une cave digne de ce nom, la Bourgogne est un indispensable. En rouge certes, mais également en blanc. Les vins de Bourgogne doivent occuper une grande partie de la cave. L’idéal étant d’allier les grands domaines aux jeunes nouveaux.

Deuxième sur le podium : les incontournables grands crus de Bordeaux, qui restent une référence en matière d’investissement viticole. Grande fierté du patrimoine viticole français, les grands vins bordelais ont même acquis une valeur de « père de famille ». Investissement sécurisé, les grands crus de Bordeaux se distinguent par leur capacité de garde, qui leur garantit une augmentation de la valeur dans le temps.

Médaille de bronze : la vallée du Rhône est longtemps restée au banc de la scène des grands vins, obombrée par la suprématie de Bordeaux et de la Bourgogne. Pourtant, elle connaît depuis quelque temps une ascension fulgurante. Ses plus grands crus atteignent d’ores et déjà des cotes et des prix faramineux.

Les vins du Sud, étoile montante de l’œnologie 

Longtemps tourné vers les vins du Nord, l’intérêt des investisseurs œnologues tend désormais vers le Sud : Languedoc, Roussillon, Provence et Corse ont le vent en poupe.

  • Domaine Trévallon
  • Domaine Tempier
  • Domaine Arena
  • Domaine Montcalmès
  • Domaine Gauby

Les vins étrangers

Dans l’investissement en général, il est important de diversifier ses actifs. Le vin ne fait pas exception, et les vins étrangers constituent des valeurs d’investissement intéressantes pour quiconque cherche à diversifier sa cave. Bien qu’encore peu présents sur le marché, ils commencent peu à peu à se faire connaître. Parmi les pays les plus plébiscités, on retrouve le Portugal, l’Espagne et l’Italie. Dans une moindre mesure, d’autres acteurs s’implantent sur le marché viticole : l’Allemagne, l’Australie ou encore l’Amérique

  • Romano Dal Forno, Sassicaia, Ornellaia Masseto (Italie)
  • Vega Sicilia, Pingus, Benjamin Romeo (Espagne)
  • Screaming Eagle, Colgin, Opus One (USA)
  • Egon Muller (Allemagne)
  • Penfold, Wild Duck Creek Estate (Australie)

► Lire aussi : Investir dans une entreprise : ce qu'il faut savoir

Les vins biologiques

 En 2017, la filière des vins bio a rapporté 1,2 Md€.

La tendance est au bio, et le vin n’y échappe pas. Vin nature, biologique, biodynamique : les vins eco-conscious connaissent un succès croissant depuis plusieurs années. Beaucoup moins nocifs pour l’environnement, ils sont également meilleurs pour la santé. On les trouve en Bourgogne, dans le Rhône, la Loire, le Languedoc et dans le Jura. Voici quelques exemples.

  • Château Pontet Canet (Bordeaux)
  • Château Palmer (Bordeaux)
  • Clos des Papes (Rhône)
  • Domaine de la Vieille Julienne (Rhône)
  • Liger-Belair (Bourgogne)
  • Domaine de La Romanée-Conti (Bourgogne)
  • Stéphane Tissot (Jura)
  • Domaine Overnoy (Jura)
  • Antoine Sanzay (Loire)
  • Domaine Richard Leroy (Loire)
  • Trévallon (Provence)
Bon à savoir : les vins nature ne contiennent pas de soufre. Ce qui rend les conditions de conservation encore plus exigeantes.

Investir dans le vin : quelle fiscalité ?

L’achat simple et le stockage de bouteilles de vin ne subissent aucune imposition. Là où la fiscalité intervient, c’est lors de la revente. Si, en revendant ses bouteilles, l’investisseur génère une plus-value, celle-ci est imposable. Cela étant, tant que l’investissement ne sort pas du cadre de l’activité patrimoniale, il ne subit aucune imposition. Si vous revendez vos bouteilles à vos proches par exemple. En revanche, si vous en faites une activité professionnelle, les bénéfices tirés de vos ventes sont considérés comme des revenus des indépendants, dans la catégorie des Bénéfices Industriels et Commerciaux (BIC). À ce titre, ils sont imposés.

La jurisprudence s’applique uniquement aux professionnels. Les investisseurs particuliers en vin sont considérés, au regard de l’administration fiscale, comme des particuliers investissant en Bourse, comme l’explique le spécialiste de l’investissement viticole Cavissima :

En effet, a été repris dans le guide de la déclaration 2002, le terme occasionnel repris régulièrement en matière de plus-values boursières. « On peut citer, sans que cette énumération soit limitative, les navires de plaisance, les avions et les vins de garde et eaux-de-vie vendus à titre occasionnel. »

Pourquoi investir dans le vin ?

Investir dans le vin : une question de nez ?

Parfait pour diversifier ses placements, l’investissement dans le vin doit rester avant tout un plaisir, l’opportunité pour un particulier d’ajouter une cave à son patrimoine.

Ce n’est pas faire acte d’élitisme que d’affirmer que le marché du vin est réservé aux connaisseurs. C’est une question de bon sens ; quiconque n’est pas amateur d’art n’ira pas investir dans la peinture. Il en va de même pour les vins.

Outre les connaissances techniques, qui font ici figure de prérequis, l’investissement dans le vin requiert de connaître :

  • la genèse des vins,
  • le potentiel de conservation,
  • les conditions de mise en bouteille
  • ou encore la qualité du bouchon.

Et ce pour chacune des bouteilles. Cependant, le marché évolue et s’ouvre au grand public.

Investir dans le vin en Fonds Commun de Placement (FCP)

Pour investir dans les vins et spiritueux en évitant l’amateurisme, une solution préconisée des investisseurs consiste à investir via un Fonds Commun de Placement (FCP). Concrètement, il s’agit d’acheter des parts dans un FCP spécialisé en investissement viticole. De cette façon, l’investisseur diminue la part de risques puisque l’achat et la négociation des vins sont gérés par des experts en la matière auprès des négociants.

Bon à savoir : si vous passez par un FCP pour investir dans le vin et conservez vos parts pendant plus de 5 ans, vous serez dispensé(e) de payer des frais de sortie.

Foire aux questions

Dans quels vins a-t-on le plus investi en 2018 ?

Parmi les bouteilles les plus potentiellement intéressantes dans le cadre d’un investissement en 2018, on trouvait notamment :

  • le Stellenbosch Glenelly Estate Reserve Rouge 2011, un vin « Nouveau Monde » tout droit venu d’Afrique du Sud.
  • le Pessac-Léognan Château Haut-Bergey 2015, un Bordeaux issu de la prestigieuse appellation Pessac-Léognan.
  • le Mâcon Milly-Lamartine Clos du Four 2015 Héritiers du Comte Lafon, Bordeaux également.
  • Cahors Les Laquets 2009 domaine Cosse-Maisonneuve, un vin de la région Sud-Ouest.

Dans quels vins a-t-on le plus investi en 2019 ?

À la question « Dans quel vin investir en 2019 ? », le baromètre Cavissima a tranché : Bordeaux représente toujours la majorité des transactions : 70 %. Sans grande surprise, viennent ensuite le Rhône (14 %) et la Bourgogne (12 %). Côté valeurs, on retrouve le même tableau : bien que la Bourgogne et les vins du Rhône aient marqué quelques points cette année, les grands crus bordelais conservent leur place sur la première marche du podium : 77 % des transactions contre 11 % pour la Bourgogne et 10 % pour le Rhône.

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