Impôts : ce qui vous attend en 2020

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Sommaire de l'article

Le simulateur d’impôts 2020 mis en ligne par le gouvernement laisse voir de belles promesses pour l’impôt sur les revenus 2019. Certains contribuables pourraient économiser jusqu’à 300 € par an avec les baisses de taux d’imposition annoncées l’année dernière. Le nouveau barème de l’impôt 2020 a été revalorisé afin de mettre en œuvre cette économie. Va-t-on encore devoir remplir une déclaration d’impôt en 2020 ? Comment calculer le montant de son impôt ? Comment faire une simulation ? 

Simulation d’impôt 2020 : combien allez-vous payer ?

Le calcul de l’impôt 2020 sur les revenus 2019 réserve de nombreuses surprises aux contribuables. La méthode de calcul reste inchangée, mais les composantes de la formule ont été revues afin de tenir compte des baisses d’impôt annoncées en 2019 par le gouvernement. Au total, ce sont 5 milliards d’euros de baisse qui sont prévus pour 2020. Le gouvernement d’Édouard Philippe concentre ses efforts sur les classes moyennes. C’est à elles que la baisse d’impôt va bénéficier principalement, soit 17 millions de foyers.

À qui profitent les baisses d’impôts 2020 ?

Impôt sur le revenu 2020 : une bonne surprise pour
17 millions de contribuables

En moyenne, les foyers situés dans la 2e tranche marginale d’imposition, à 14 %, vont profiter d’une baisse de presque 350 € par an. Ceux situés dans la tranche de 30 % verront leur impôt baisser d’environ 180 € par an.

En effet, la 2e tranche passe de 14 % à 11 % en 2020. À l’inverse, le seuil d’entrée dans la tranche à 30 % est légèrement diminué : de 27 519 € pour une part de quotient familial, il descend à 25 405 €. Cet ajustement n’aura aucun impact sur les particuliers dont les revenus sont compris entre l’ancien et le nouveau plafond (25 405 € et 27 519 €), puisqu’elles sont désormais imposées à 30 % (contre 14 % précédemment sur un maximum de 2 114 €). Cette différence empiète sur l’économie obtenue par l’imposition à 11 % contre 14 % sur la part des revenus comprise entre 9 964 (seuil d’entrée dans la première tranche) et 25 405 €.

Pour autant, les « grands gagnants » de la réforme ne sont pas les contribuables gagnant exactement 25 405 € par an. Si le « cadeau fiscal » est plutôt généreux pour eux (environ 470 € par an), il reste moins gros que celui d’un célibataire qui gagne 21 500 € par an. Pour cette typologie de contribuable, le gain s’élève à 550 € et c’est autour de ce niveau de revenu que l’économie est la plus importante.

Le site officiel de la direction générale des Finances publiques (www.impots.gouv.fr) met à disposition des contribuables un outil de simulation, afin de calculer l’économie d’impôt réalisée avec la baisse. Ce simulateur d’impôt sur les revenus 2019 tient compte des changements de tranches et de seuils et donne le montant exact de l’économie. Pour cela, il suffit de renseigner :

  • le nombre de parts de foyer fiscal ;
  • sa situation de famille ;
  • sa localisation (métropole, DOM-TOM) ;
  • son revenu imposable annuel après abattement (qui figure sur l’avis d’imposition).

►Lire également : Formulaire déclaration d'impôts : la nouveauté en 2020

Barème de l’impôt 2020 sur les revenus 2019

Comme précisé au-dessus, certaines tranches et certains seuils du barème progressif de l’impôt sur le revenu ont été revus afin de correspondre aux taux décidés pour 2020. Le barème de l’impôt 2020 sur les revenus 2019 est donc le suivant :

  • tranche d’impôt à 0 % : de 0 à 10 064 euros inclus
  • tranche d’impôt à 14 % : de 10 065 à 27 794 euros inclus
  • tranche d’impôt à 30 % : de 27 795 à 74 517 euros inclus
  • tranche d’impôt à 41 % : de 74 518 à 157 806 euros inclus
  • tranche d’impôt à 45 % : à partir de 157 807 euros : 45 %

Ce barème sert au calcul de l’impôt déterminé à partir de la déclaration de revenus. Selon le montant du prélèvement à la source payé en 2019 et des réductions et crédits d’impôt, le contribuable aura soit une somme à payer (solde d’impôt sur le revenu), soit un remboursement à percevoir en juillet ou août 2020.

► Lire aussi : Les dates de la déclaration de l'impôt sur le revenu en 2020

Déclaration de revenus : ce qui change en 2020

Après la baisse d’impôt, c’est la 2e grande surprise fiscale de 2020 : la déclaration des revenus de l’année 2019 pourra être utilisée pour calculer l’impôt sur le revenu 2020 si le contribuable ne dépose aucune nouvelle déclaration cette année. Dans ce cas, l’impôt sur le revenu 2020 sera équivalent à celui de 2019. C’est le principe de la déclaration automatique ou tacite des revenus. Cette nouvelle mesure devrait concerner 12 millions de foyers fiscaux.

Pourquoi cette nouvelle règle ? Parce que les déclarations de revenus sont préremplies avec des revenus connus de l’administration fiscale. En l’absence de correction ou d’ajour de la part du contribuable, l’administration fiscale considérera que sa situation financière et fiscale n’a pas changé, et se basera sur la déclaration 2019.

Par mesure de vérification, l’administration fiscale fera parvenir un document d’information au plus tard un mois avant la date limite de déclaration aux contribuables avant de procéder à la déclaration tacite.

Lire aussi : À quand la prochaine déclaration d'impôt 2020 ?

Entrée des cryptomonnaies dans la déclaration de revenus

C’était une question de temps… Les bitcoins, cryptomonnaies et autres devises numériques font désormais partie des revenus d’activités à reporter sur sa déclaration au printemps. La nouvelle déclaration 2020 va donc comporter :

  • des cases destinées aux plus-values et moins-values de cession d’actifs numériques (cases 3AN et 3BN) ;
  • un formulaire spécifique n° 3916-bis pour la déclaration des comptes d’actifs numériques ouverts, détenus, utilisés ou clos à l’étranger ;
  • un imprimé n° 2086 spécifique de déclaration des plus ou moins-values de cessions.

Ajout de cases spéciales investissement Denormandie

Instaurée en 2018, la loi Denormandie (nommée ainsi d’après le ministre de la Ville et du Logement, Julien Denormandie) est un dispositif d’investissement immobilier locatif dans l’ancien, sorte de versant ancien de la loi Pinel. En 2020, il dispose de ses propres cases dans la déclaration de revenus. La case à cocher dépend de la durée de location choisie d’une part, et de la localisation (métropole ou outre-mer) d’autre part :

  • en métropole, pour une durée de location de 6 ans : case 7NA
  • en métropole, pour une durée de location de 9 ans : case 7NB
  • en outre-mer, pour une durée de location de 6 ans : case 7NC
  • en outre-mer, pour une durée de location de 9 ans : case 7ND
Bon à savoir : dans le cadre des investissements locatifs défiscalisant, la déclaration est obligatoire pour pouvoir récupérer les avantages fiscaux prévus.

La décote

Destiné aux foyers modestes, le mécanisme de la décote permet de réduire l’impôt dès lors qu’il est inférieur à un certain montant. En 2020, le dispositif est maintenu, mais les règles de calcul ont été modifiées. Jusqu’en 2019, la décote était appliquée en dessous de 1 595 € d’impôt à payer, cette année, elle passe à 1 717 €

Pension de retraite : 10 % d’abattement par défaut

À l’instar des salariés, les retraités vont bénéficier d’un abattement de 10 % sur les pensions de retraite déclarées, les pensions d’invalidité et rentes viagères à titre gratuit. Cet abattement est plafonné ; il ne peut pas dépasser 3 850 € pour l’ensemble du foyer fiscal. En même temps, il ne pas être inférieur à un certain seuil : 393 € par déclarant.

Don à Notre-Dame : mention spéciale

Notre-Dame de Paris : 922 millions d’euros de
dons en 2019

Si vous avez versé un don pour la conservation et la restauration de Notre-Dame de Paris, vous devez le signaler dans votre déclaration de revenus, dans la case prévue à cet effet : 7UE. Pour rappel, les dons des particuliers destinés à financer la reconstruction de la cathédrale ouvrent droit à une réduction d’impôt équivalente à 75 % du montant du versement, dans la limite de 1 000 €. Autrement dit, un contribuable ayant donné 1 000 € de dons peut en récupérer 750 € sur ses impôts. 

Votre don est supérieur à 1 000 € ? Il s’agit d’un don versé aux organismes d’intérêt général. Dans ce cas, la fiscalité n’est pas la même. La réduction d’impôt est égale à 66 % dans la limite de 20 % du revenu imposable.

Le PER rejoint la déclaration de revenus

Dans le cadre de la réforme de l’épargne retraite, les PERP, PERCO, Préfon, contrats Madelin et autres dispositifs d’épargne retraite sont fondus en une seule et unique enveloppe fiscale : le Plan Épargne Retraite (PER). Sur le plan fiscal, le PER conserve les avantages de certains de ses prédécesseurs : à savoir la déductibilité des versements volontaires du revenu imposable. Pour bénéficier de cette déduction fiscale, le montant des versements volontaires doit être reporté :

  • case 6NS (pour déclarant 1) ;
  • case 6 NT (pour déclarant 2) ;
  • et case 6NU (personne à charge) pour la plupart des titulaires d’un PER individuel.

Cas particulier n° 1 : les travailleurs indépendants

Les travailleurs non-salariés titulaires d’un PER qui perçoivent des BIC, BNC et BA et qui souhaitent déduire les cotisations versées sur leur plan d’épargne retraite de leur revenu imposable doivent renseigner les cases 6OS (déclarant 1) et 6OT (déclarant 2).

Cas particulier n° 2 : la sortie du PER en capital

Nouveauté 2019 : le PER autorise la sortie du plan en capital, à l’échéance ou en cas de déblocage anticipé. Dans ce cas, vous devez signaler cette sortie à l’administration fiscale si le PER a été alimenté par des versements déductibles dans les cases 1AI et 1 BI.

► Pour aller plus loin : 

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