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Actualités31 mars 2021

Darknet et Covid : gare aux faux vaccins 

Darknet et Covid : gare aux faux vaccins

Il ne manquait plus que ça ! Alors que l’épidémie de Covid-19 fait rage, le darknet voit émerger des milliers d’annonces illégales pour de vrais ou faux vaccins. Vendus dès 500 dollars, ces produits s’avèrent très souvent être des arnaques ou des contrefaçons.

500 dollars, qui dit mieux ? 

Depuis quelques mois, les sites du darknet pullulent d’annonces pour vendre illégalement des vaccins contre le Covid-19. Selon une enquête du cabinet spécialisé en cybersécurité Check Point, leur nombre a triplé au cours des trois derniers mois. 

Mi-décembre, Check Point s’est aperçu que les recherches incluant les termes « vaccin » et « covid » ou « corona » renvoyaient vers 400 annonces. Selon leur dernière publication, ce nombre est désormais supérieur à 1 200 !

Ce n’est pas une surprise. Au vu des retards de livraisons de vaccins et du climat tendu dans lequel nous sommes depuis le début de la campagne de vaccination. Interpol l’avait d’ailleurs déjà signalé dans une notice orange d’alerte sécurité où elle alertait d’une « potentielle activité criminelle liée à la contrefaçon, au vol et à la promotion illégale de vaccins contre la Covid-19 et la grippe ». Selon l’organisation de coopération policière internationale, il devenait « crucial » d’identifier les sites illicites qui vendent des produits contrefaits. 

Il est néanmoins primordial de rappeler que ce trafic est illégal et que derrière ces annonces se cachent très souvent des arnaques dangereuses.

Faux vaccins : un trafic sous haute tension

Ces sites prennent, bien évidemment, toutes les précautions. Ces annonces sont uniquement accessibles via un navigateur spécialisé. Elles précisent même la marque du vaccin vendu : 

  • AstraZeneca, 
  • Spoutnik V, 
  • Sinopharm, 
  • Johnson et Johnson 

Sans surprise, les prix appliqués sont largement supérieurs à ceux payés par les États qui organisent la vaccination officielle. Par exemple, il faudra compter 500 dollars pour une dose de vaccin présentée comme celle d’AstraZeneca, et 600 pour celle de Johnson & Johnson. Toutes les conversations avec le vendeur se font via une messagerie cryptée et le paiement en bitcoins.

Les vendeurs affirment même être en mesure de livrer leurs commandes dans le monde entier tout en respectant la chaîne du froid. Mieux encore, certains vendeurs s’adressent à des acheteurs aux moyens beaucoup plus conséquents. La preuve, certaines offres vont jusqu’à proposer 10 000 doses de vaccin pour 30 000 dollars. Là encore, on ne sait pas s’il s’agit de véritables flacons volés ou de faux vaccins. On marche sur la tête… 

Check Point rappelle qu’une transaction réalisée sur le darknet est rarement fiable. Pour le prouver, les équipes du cabinet de cybersécurité se sont prêtées au jeu. Elles ont répondu à l’une de ces annonces pour acheter un vaccin. Une fois le paiement de 750 dollars envoyé, le compte du vendeur a été supprimé, et la commande n’est jamais arrivée à destination.

L’illégalité ne manque pas d’idées… 

Depuis quelque temps, les annonces ne se contentent plus de proposer des vaccins. Alors que les passeports sanitaires (ou passeports verts) sont en préparation afin de relancer le tourisme, le darknet voit bourgeonner un nouveau genre de produits liés à la pandémie de coronavirus. Les vendeurs s’adaptent et se réinventent. En effet, ces derniers proposent désormais : 

  • des faux certificats de vaccination pour environ 200 dollars
  • des contrefaçons de tests négatifs au Covid pour seulement 25 dollars. 

Check Point précise que les faussaires ont toujours profité de situations catastrophes comme celle que nous vivons aujourd’hui pour s’enrichir. Il ne leur a pas fallu beaucoup de temps pour se rendre compte que le marché des faux documents pouvait être très lucratif. « Ils ont vite saisi l’opportunité de le monétiser », constate la société de cybersécurité.