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Non classé5 Mars 2021

Prêts participatifs : ce qu’il faut savoir

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Jeudi 4 mars, Bruno Le Maire a présenté le fonctionnement et les modalités d’un nouveau dispositif de financement pensé pour « donner à nos entreprises la possibilité de redémarrer vite et fort » : le prêt participatif. En quoi consiste cette nouvelle enveloppe d’aide aux professionnels ? Comment expliquer sa mise en place ?

Pourquoi mettre en place des prêts participatifs ?

Bercy persiste et signe : pour que l’économie française reparte à plein régime, les citoyens doivent se séparer de leur épargne. Il faut dire que depuis le début de la crise sanitaire, les Français ont profité du manque d’occasions de dépenser leur argent pour en économiser un maximum. Leur pactole s’estime à 20 milliards d’euros, somme que Bruno le Maire aimerait voir réinjectée dans l’économie, soit en encourageant les contribuables à placer leur argent, soit à travers leurs dépenses.

Mais avec le maintien du couvre-feu pour encore quatre à six semaines au moins, la fermeture de bon nombre de commerces et centres commerciaux depuis le mois de janvier et la réouverture des cafés, restaurants et lieux culturels qui tarde à arriver, la population a finalement très peu d’occasions de consommer.

→ Lire également : Quand l’épargne des Français doit booster la reprise économique

Pour relancer l’économie, Bercy fait donc d’une pierre deux coups. Bruno Le Maire fait le pari de compter en partie sur l’épargne des Français pour remettre les entreprises en difficulté sur les rails en poussant les contribuables à l’investissement :

  • de manière directe, via les fonds d’investissement labellisés « Relance ». Plus d’une centaine de fonds ont obtenu ce label attribué par le ministère de l’Économie depuis cet automne ;
  • de manière indirecte, via les placements des citoyens dans des contrats d’assurance-vie en euros qui financent partiellement les prêts participatifs avec soutien de l’État (PPSE).

Qu’est-ce qu’un prêt participatif ?

Annoncé par Bruno Le Maire ce jeudi, le PPSE devrait être mis en place dès le mois d’avril. Le dispositif a été pensé pour soutenir l’économie des entreprises, qui ont toutes été chamboulées par l’épidémie de Covid-19 depuis mars 2020. L’économie peine en effet à se maintenir à flot, en particulier dans les secteurs les plus impactés par la crise ainsi que dans les petits organismes.

Pour soutenir les professionnels, l’État a déjà mis plusieurs aides en place. Parmi elles, les prêts garantis par l’État (PGE) tiennent une place de choix : en un an, ils ont permis d’accorder 130 milliards d’euros aux entreprises françaises.

Le PPSE a lui aussi pour but d’accompagner les entreprises, mais à une différence près : si le PGE était un dispositif anti-crise destiné aux boîtes les plus mises à mal par le Covid, le PPSE est quant à lui réservé aux entreprises en bonne santé dont les projets ont été perturbés par la crise. Cela signifie que le prêt participatif est conçu pour être un dispositif d’accompagnement plutôt qu’une béquille économique.

Ce dispositif de soutien annoncé par Bercy inclut le PPSE mais également des obligations subordonnées. En tout, cela représente 20 milliards d’euros d’aides supplémentaires aux entreprises :

  • 14 milliards d’euros seront distribués par les banques sous forme de PPSE ;
  • les obligations subordonnées, qui fonctionnent sur le même principe que les PPSE mais qui seront gérées par les sociétés de gestion et non par les banques, représenteront 6 milliards d’euros.

Comment fonctionne ce dispositif ?

Cette fois, ce ne sont pas aux professionnels de déposer un dossier de demande de PPSE : les banques proposeront à leurs clients éligibles de souscrire un PPSE. Les prêts participatifs seront contractés sur une durée de huit ans et les entreprises commenceront à les rembourser au bout de quatre ans. D’après Bercy, cette période devrait suffire aux entreprises à amorcer leur croissance.

Le taux d’intérêt de ces prêts sera de 4 à 5,5 %, contre près de 2 % pour les prêts garantis par l’État. Il sera fixé en fonction de la taille de l’entreprise contractant le prêt. Quant à la tarification, elle variera d’une banque à l’autre. Pour les obligations subordonnées (ou obligations relance), le taux d’intérêt sera de 5 % pour une PME et de 6 % pour une ETI.

Qui sera éligible aux nouvelles aides de Bercy ?

L’éligibilité au PPSE sera plus restreinte que pour le PGE : seules les entreprises dont la trésorerie a été fragilisée par la crise sans que cette dernière n’ait été trop durement touchée pourront prétendre à un prêt. Le but ? Encourager les boîtes à investir et à créer de l’emploi en reboostant leurs fonds.

Les entreprises devront également avoir un chiffre d’affaires inférieur à 2 millions d’euros. Pour une PME, le montant du prêt souscrit pourra atteindre 12,5 % de son chiffre d’affaires. Les ETI pourront quant à elles emprunter 8,4 % de leur chiffre d’affaires. Et s’il s’agit d’une entreprise ayant déjà contracté un PGE et épuisé ce dernier, les montants des prêts pourront respectivement s’élever à 10 % et 5 % des recettes.