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Actualités22 Février 2021

Quand lʼépargne des Français doit booster la reprise économique

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200 milliards d’euros. C’est l’épargne totale mise de côté par les Français depuis le début de la pandémie de Covid-19. Un flux d’épargne qui aurait doublé par rapport à d’habitude, représentant une somme conséquente que Bercy cherche à utiliser pour aider à faire repartir l’économie dans l’Hexagone.  Comment ? En aiguillant l’épargne des citoyens vers des fonds d’investissement spéciaux.

Une épargne toujours plus impressionnante

La consommation des Français s’est heurtée en 2020 à la crise sanitaire du Covid-19 : plus de possibilité de voyage, de diners au restaurant et autres spectacles, mais aussi une inquiétude quant à des lendemains incertains.

Résultat : 200 milliards d’euros auraient été déposés sur des comptes bancaires depuis le début de la crise en France, dont 130 en 2020, dixit la Banque de France.  Un montant total représentant à lui seul :

  • Le coût de la crise pour les finances publiques durant l’année 2020,
  • 8 points de PIB,
  • Le double du montant du plan de relance (100 milliards d’euros).

Cette épargne, Bruno Le Maire souhaitait déjà la voir s’aligner avec le plan de relance de l’État en 2020. Sans grand succès, au vu des chiffres du début d’année. Selon l’indicateur de l’Insee portant sur la confiance des ménages, ces derniers favorisent l’épargne en ce moment, encore plus cette année. Comment débloquer cette épargne pour en faire un moteur de la relance économique ?

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Un déblocage en trois points

Le gouvernement table sur trois leviers pour utiliser l’épargne des Français à bon escient :

  • Restaurer la confiance entre les épargnants et les produits d’investissement et de consommation,
  • Inciter à la consommation via la mise en place de primes par exemple,
  • Proposer des placements visant à relancer l’économie.

Sur ce dernier point, l’objectif est clairement d’orienter l’épargne des Français vers des placements moins liquides et moins « bas de laines » que les livrets d’épargne réglementés, pour ne citer qu’eux.

Pour ce faire, Bercy a d’ores et déjà mis en place le label « Relance » destiné aux fonds d’investissement tels que les OPCVM et autres fonds investis dans des valeurs cotées. Ces produits financiers se doivent de respecter les critères ESG (Environnementaux, sociaux et de bonne gouvernance) et toucher des PME ou ETI pour prétendre à ce label. En février 2021, ce sont plus d’une centaine de ces fonds « Relance » qui sont présents sur le marché.

Une grande question demeure : est-ce que cela va fonctionner ? On peut être tenté de lorgner du côté des précédents produits d’épargne incitatifs vers l’économie productive type FCPI/FIP et PEA PME pour répondre à la question. En ressortent des succès modérés, illustration parfaite du mode de pensée des Français, « plus attachés à la protection du capital qu’à la liquidité« , d’après les dires de la Banque de France.

Des placements sans garanties qui nécessitent une durée de détention de cinq à dix ans, suffisants pour inciter les Français à investir dedans ?

L’épargne au service de la relance économique : quel couac ?

Le recours à la fiscalité pour pallier la crise d’aujourd’hui est en partie poussé par les ménages les plus aisés. En effet, ce sont ces derniers qui ont épargné le plus durant la crise sanitaire : 70 % de l’épargne totale si l’on en croit le Conseil d’Analyse Économique.

Mais pousser les ménages les plus riches à investir dans des produits d’épargne labellisés ne revient-il pas à « considérer l’épargne des Français comme une cagnotte dans laquelle piocher ? », comme le souligne la présidente du Cercle des Épargnants, Valérie Plagnol.

Là où les fonds d’investissement n’offrent aucune garantie de gain, les livrets réglementés et les comptes courants offrent une rémunération fixe de 0,5 à 1 %, en plus d’être plus liquides, et ainsi plus accessibles.

Le gouvernement ne veut pas entendre parler de hausse de la fiscalité, mais pour mobiliser une épargne déjà existante, peut-être faudra-t-il proposer autre chose que des produits n’ayant pas encore fait leurs preuves. Une « hybridation des deniers publics et privés » et une « participation active de l’État pour investir cette épargne dans l’avenir » sont autant de sujets évoqués par les sénateurs.