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Actualités28 Décembre 2020

2020, l’année record de l’épargne

2020 épargne

Crise sanitaire oblige, 2020 a été une année particulière pour la population. Elle a été chamboulée dans sa vie quotidienne, dans ses habitudes et ses manières de consommer. Entre confinements et couvre-feu, les Français ont eu peu de possibilités de profiter de leur argent. Résultat : ils ont économisé tout au long de l’année. Et plutôt que d’investir, ils ont préféré épargner. Comment expliquer ce phénomène ?

Épargne en France : quelques chiffres

Cette année, les Français ont préféré miser sur la sécurité en faisant le choix de gonfler leur bas de laine. Les montants économisés sur les livrets d’épargne ont donc atteint des sommets. Sur les livrets A et les livrets de développement durable et solidaire (LDDS), on comptabilise plus de 35 milliards d’euros épargnés par la population depuis le début de l’année.

En comptabilisant les fonds collectés sur les livrets d’épargne et les sommes d’argent dormant sur les comptes bancaires inactifs, cela représente plus de 100 milliards d’euros épargnés par les Français en 2020. D’après les estimations de la Banque de France, ce chiffre pourrait être de 130 milliards d’euros d’ici la fin de l’année.

Comment expliquer ces chiffres records ?

Moins de loisirs accessibles à la population

Les raisons de ces résultats historiques ? La quasi-impossibilité pour les Français de dépenser leur argent en 2020 à cause de la crise sanitaire. En effet, la mise en place du confinement puis du couvre-feu a considérablement réduit pour les Français les occasions de consommer. La fermeture des bars, restaurants, lieux culturels et autres espaces de rassemblement est également l’une des raisons principales pour lesquelles les ménages ont peu dépensé.

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Incertitudes concernant la situation financière

Le coronavirus a eu un autre effet sur la population qui explique que cette dernière ait privilégié l’épargne cette année. Des inquiétudes concernant les finances du pays sont apparues au fur et à mesure des mois. Malgré le « quoi qu’il en coûte » prôné par l’exécutif, entreprises en faillite, chômage partiel et hausse du chômage ont bouleversé la vie des Français.

Beaucoup ont vu baisser leurs revenus à cause de la Covid-19. Ils ont donc misé sur la prudence en économisant autant que possible. Quant aux secteurs les plus impactés par la pandémie, à savoir le tourisme, l’hôtellerie et la restauration notamment, ils ont dû faire face à une crise sans précédent.

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Quid des placements à long terme ?

En raison des questionnements engendrés par la pandémie, les Français se sont détournés des produits d’épargne à long terme. Ils ont préféré se constituer une épargne de produits liquides, ce qui explique les sommes astronomiques déposées sur le livret A et le LDDS malgré leur taux d’intérêt annuel peu engageant de 0,5 %.

L’avantage de ces livrets qui a su attirer les épargnants en cette période est le fait que les fonds investis peuvent être facilement retirés en cas de besoin. Quant à l’assurance vie, le placement favori des Français, elle fait grise mine cette année. Si en 2019 la collecte nette de l’assurance vie était de 23,3 milliards d’euros, cette année ce chiffre est négatif : 7,3 milliards d’euros ont été retirés des assurances vie par les épargnants en 2020.

À quoi s’attendre pour 2021 ?

Tout dépendra de l’avancée du coronavirus en France. Si les indicateurs épidémiologiques s’améliorent et que la situation sanitaire se stabilise durant les semaines à venir, on peut s’attendre à ce que les épargnants (ou du moins une partie d’entre eux) décident de se tourner vers de nouveaux investissements plutôt que de laisser leur argent dormir sur leurs livrets d’épargne.

François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France, prévoit un scénario tout autre. D’après lui, cette tendance à l’épargne devrait persister en 2021. Il estime que 70 milliards d’euros supplémentaires seront mis de côté au cours de la nouvelle année. Mais rien n’est sûr à l’heure actuelle.

L’espoir d’une amélioration de la crise sanitaire, notamment avec le coup d’envoi de la campagne de vaccination en France, pourrait en effet faire pencher la balance et encourager la population à investir ! Cependant il est encore trop tôt pour se prononcer sur la suite des événements.