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Actualités30 Juin 2020

Aide à l’embauche des jeunes : ce que prévoit le gouvernement

embauche

Comme chaque année, les jeunes diplômés appréhendent la rentrée de septembre. En cette année 2020, du fait des conséquences économiques et sociales résultant de la crise sanitaire, l’automne s’annonce particulièrement orageux pour le marché de l’emploi. L’impact de la récession pourrait porter un coup sévère au secteur de l’apprentissage, et de l’embauche en général. Face à cela, le gouvernement a dévoilé son plan pour favoriser l’embauche des moins de 30 ans à la rentrée. Décryptage.

Crise sanitaire et économique : le péril jeune ?

Pendant la crise, le chômage partiel a permis d’éviter des vagues de licenciement trop importantes et de protéger les entreprises. Pour autant, les chiffres du chômage témoignent de l’impact de la pandémie de Covid-19 sur le marché de l’emploi. À commencer par l’emploi des jeunes. Depuis le début de la pandémie, un jeune sur six s’est retrouvé privé d’emploi, d’après une étude de l’Organisation internationale du travail (OIT), publiée le 27 mai.

Et pour cause : en France, de nombreux jeunes travailleurs sont employés dans le secteur de la restauration, de l’hôtellerie, de l’automobile ou encore de l’événementiel, qui comptent parmi les plus touchés par la crise.

Les 15-24 ans, et notamment les femmes et ceux ayant le statut de travailleur migrant, ont été les premiers à ressentir les effets de la crise. Les « petits boulots » étudiants ont été les premiers à sauter. Pour ceux qui ont pu conserver leur emploi, c’est le temps de travail qui a été mis à mal : -23% en moyenne.  Sans parler, en parallèle, du retard accumulé dans les études…

Face à cela, le gouvernement a planché sur un « plan jeune« . Le but ? Éviter que la génération entrant sur le marché du travail à partir de septembre (et les suivantes) ne soient pas les victimes collatérales de la crise économique post-Covid.

« L’emploi des jeunes est une priorité absolue du plan de relance, avec trois objectifs : éviter le décrochage  en lycée professionnel, renforcer la voie professionnelle et l’apprentissage et faciliter l’entrée sur le marché du travail. »

Gabriel Attal, secrétaire d’Etat auprès du ministre de la Jeunesse.

Plan d’aide à l’embauche des jeunes : de quoi s’agit-il ?

L’exécutif redoute une baisse drastique d’embauche des jeunes diplômés à l’automne. La solution selon lui, une réduction des coûts d’embauche. Initialement, il était question d’une prime forfaitaire, mais c’est finalement une exonération des cotisations salariales pour l’employeur qui a été retenue. À savoir cotisation vieillesse au régime général et contribution sociale généralisée.

Ainsi, pour toute nouvelle embauche, l’Urssaf ne demanderait pas de cotisations salariales. Pour le / la nouvel(le) embauché(e), rien ne change : il / elle conserve sa rémunération et ses droits. Pour l’employeur, pas de cotisations à payer et donc une économie réalisée. De quoi améliorer la trésorerie des entreprises et les pousser à embaucher. L’objectif étant d’éviter à tout prix une nouvelle « génération sacrifiée » à la sortie des écoles.

Il faut sauver le soldat apprentissage

Rappelons que 700 000 jeunes entrent sur le marché du travail chaque année, et que 370 000 contrats d’apprentissage ont été signés en 2019. Pour ces derniers, Emmanuel Macron a promis une aide d’un montant de 1 milliard d’euros aux entreprises qui accueillent des jeunes qui choisissent ce type de formations.

Concrètement, comment ça va se passer ? À compter du 1er juillet et jusqu’au 28 février 2021, toute entreprise qui recrute une personne en contrat d’apprentissage se verra accorder une prime de :

  • 5.000 € pour un(e) apprenti(e) mineur(e) ;
  • 8.000 € pour un adulte

Notez que cette prime à l’embauche vaut aussi bien pour les jeunes en CAP que pour ceux inscrits en licence professionnelle. Elle est accordée automatiquement si l’entreprise compte moins de 250 salariés. Pour les autres, il faut compter un minimum de 5 % d’alternants dans leurs effectifs. Ces montants devraient suffire à couvrir le coût des alternants et éviter que de nombreux jeunes diplômés aillent rejoindre les bancs du Pôle emploi à la rentrée.

Autre mesure de soutien à l’embauche : un allongement de la durée mise à disposition d’un jeune inscrit en centre de formation d’apprentis (CFA) pour trouver du travail. Actuellement fixée à 3 mois, cette durée va passer à 6 mois.