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27 Mars 2020

Suspension des loyers : quelles conséquences pour les SCPI ?

suspension des loyers : conséquences pour les scpi

Depuis le début de la crise du coronavirus, le gouvernement a mis en place un grand nombre de mesures pour pallier à la crise économique. Entre fonds de solidarité pour les PME, report des charges pour les chefs d’entreprises et aides mensuelles pour les TPE, les entreprises respirent un peu ! Mais parmi toutes ces mesures, une a particulièrement retenu l’attention des Français : la suspension des loyers. Les locataires ont sauté de joie, les bailleurs ont prit peur. Tout cela nous laisse avec beaucoup de questions. Qui est concerné ? Quelles sont les conséquences pour les SCPI ? Tour d’horizon d’une annonce qui fait parler d’elle. 

Suspension des loyers : un dispositif exceptionnel 

Depuis le début du confinement, nous sommes assaillis d’informations. Il est parfois difficile de faire le tri. Le gouvernement tente d’installer des digues afin que les entreprises ne meurt pas sous la vague des dépenses :

  • un fonds de solidarité de 4 milliards d’euros pour les start-up
  • une aide mensuelle de 1500€ pour les TPE
  • des remboursements d’emprunts bancaires
  • le report des échéances sociales et fiscales
  • l’extension du chômage partiel
  • mise en place d’une enveloppe sans précédent de 300 milliards d’euros, destinée à garantir tous les nouveaux prêts que les entreprises solliciteraient auprès de leurs banques

Un dispositif exceptionnel mis en place pour soutenir les entreprises et donc l’économie du pays. L’objectif de l’Etat : amortir au maximum le risque de faillite de masse et ce, quoi qu’il en coûte ! Emmanuel Macron l’a martelé, les entreprises ne seront pas laissées sur le carreaux. C’est d’ailleurs lors de son allocution du 16 mars qu’il a annoncé une mesure qui n’a pas tout de suite été bien comprise : la suspension des loyers. 

Vent de panique chez les uns, allégresse chez les autres. On ne savait plus où donner de la tête. Certes, la suspension des loyers sera réalité mais pas pour tout le monde. Explication.

Suspension des loyers : qui est concerné ? 

Comme nous vous le disions, cette annonce de suspension des loyers à provoquer une houle de vents contraires. Les particuliers se voyaient déjà soulager d’une charge massive et les bailleurs amputés d’une somme conséquente. Heureusement, le gouvernement a rapidement corrigé le tir en précisant sa mesure. En effet, la suspension des loyers ne concernera pas les particuliers, mais uniquement les entreprises. 

Cela en soulagera plus d’un, malgré tout, cette mesure pourrait inquiéter les propriétaires de fonds de commerce, ou d’actifs d’immobilier d’entreprise. Et, de ce fait, tous les porteurs de parts de SCPI. 

Mais en quoi consiste exactement cette mesure ? Elle permettra de soulager les trésoreries des centaines de milliers d’entreprises aujourd’hui à l’arrêt à cause du confinement : galerie commerciale, résidences services, restaurants ou bureaux. « Le recouvrement des loyers et charges est suspendu à partir du 1er avril 2020, et pour les périodes postérieures d’arrêt d’activité imposées par l’arrêté » du 15 mars 2020 ont ainsi fait savoir les principaux bailleurs dans un communiqué commun. 

Une mesure qui permettra aux entrepreneurs de sortir la tête de l’eau mais qui entraînera des pertes importantes côté bailleurs… 

→ A lire également : SCPI : le nouveau produit star de l’immobilier papier

Quelles seront les effets de la suspension des loyers sur les SCPI ? 

Une telle mesure aura un impact criant sur les SCPI et sur n’importe quel propriétaire. Résultat : moins de loyers = moins de recettes = moins de rendements. 

En effet, l’inquiétude monte chez de nombreux bailleurs de petits locaux commerciaux : 

  • Opticien, 
  • coiffeur, 
  • restaurateur, … 

Souvent retraités, ces propriétaires louent leur ancien local commercial et verront bientôt une part importante de leur ressource disparaître avec la suspension des loyers. Le problème ? Beaucoup d’entre eux ne disposent pas d’une trésorerie suffisante pour supporter de telles mesures. 

« On est dans le flou »

Le pire c’est le manque de connaissance sur les effets d’une telle mesure. « On est dans le flou » explique Christophe Demerson, président de l’UNPI. «L’inquiétude monte chez certains bailleurs. On appelle à la solidarité au cas par cas mais on attend aussi des précisions sur le dispositif et un retour de la part des banques et des assureurs ». Pire encore, l’impact réel de ces suspensions de loyers n’est pas encore connu. Pourquoi ? Car pour avoir une première idée, il faudrait la définition retenue d’une « entreprise en difficulté ». Pour l’instant, nous savons que cela concerne essentiellement les PME agissant dans le secteur du commerce non alimentaire qui sont en première ligne.

On peut déjà se dire que les épargnants qui détiennent des SCPI depuis plusieurs années sont, probablement, assurés de rester en territoire positif. Idem, pour ceux qui ont investis dans des véhicules de qualité et diversifiés par :

  • secteur (bureaux, commerce, logistique…)
  • typologie de locataire
  • zone géographique 

Un autre effet de cette mesure inquiète : l’effet domino. Il est principalement redouté par une partie des gérants de SCPI. En effet, en ayant des billes dans de nombreux locaux, commerces, bureaux, un telle mesure pourrait entraîner l’effondrement de ce château de carte. Certaines sociétés de gestion envisagent déjà de proposer des prolongations de baux pour bénéficier de plus de visibilité sur les loyers futurs en échange de l’effort consenti.

Un appel à la solidarité  

C’est dans ce genre de circonstances que l’on se rend réellement compte que l’immobilier est un marché à risque. Une crise sanitaire mondiale entraîne une crise économique d’ampleur égale. Il est donc toujours important de se souvenir que rien n’est courru d’avance. Qui aurait pu prévoir une pandémie en 2020 ? Un confinement ? Personne, il est donc toujours important de garder ce risque à l’esprit lorsqu’on décide de se lancer dans un investissement immobilier. 

Autre proposition : la mensualisation des loyers (généralement le locataire paie son bailleur tous les trimestres). « Lorsque l’activité reprendra, ces loyers et charges feront l’objet de différés de paiement ou d’étalements sans pénalité ni intérêts de retard et adaptés à la situation des entreprises en question » ont précisé les bailleurs qui ont répondu à l’appel lancé par le Président de la République lors de son allocution du 16 mars.