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Non classé27 Mars 2020

Covid-19 : comment gérer son argent en période de crise ?

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Impôts, crédits, assurances, marchés financiers… Comment gérer efficacement son argent dans ce moment de crise aiguë que nous traversons avec le Covid-19 ? Que faire face si vous subissez une baisse de revenus en cas de chômage partiel ? Comment ajuster votre taux de prélèvement à la source ? Autant de questions que vous vous posez peut-être. Tacotax vous apporte des réponses, point par point.

Cet article a été mis à jour le 30 avril 2020, à 15h00. Nous actualisons nos contenus au fur et à mesure de l’arrivée des informations officielles.

 

Crise économique : où en est-on ?

Avant d’entrer dans la partie consacrée à la gestion de vos dépenses, de vos investissements et de votre épargne, un point sur la crise économique que nous vivons.

Cette crise, contrairement aux précédentes comme en 2008-2009, est purement conjoncturel. Aujourd’hui, plus de la moitié de l’humanité est confiné. Les conséquences sur l’activité économique sont bien sûr désastreuses. Le PIB français a ainsi chuté de 6% au 1er trimestre alors que le confinement n’a eu lieu que sur les deux dernières semaines du mois de mars… Cela donne une idée de l’impact à attendre au 2e trimestre.

L’INSEE estime ainsi que chaque mois de confinement coûte 3 points de PIB à la France. Les prévisions de « croissance » pour 2020 sont une baisse du PIB sur l’année de 9%, ce qui serait la pire récession depuis 1929.

Au niveau mondial, sur 3,3 milliards d’actifs, 1,3 milliards voient leur emploi menacés. La France et d’autres pays d’Europe, afin d’éviter une vague massive de licenciements, ont opté pour un système de chômage partiel généralisé. Plus de 10 millions de salariés français sont aujourd’hui soumis à ce régime. Cette mesure permet de limiter les licenciements, mais n’empêche une baisse de pouvoir d’achat pour les salariés, et donc une baisse de la consommation.

Le déconfinement progressif qui commencera en France le 11 mai aura-t-il raison de ces difficultés ? En partie probablement. Mais la perte de confiance généralisée de l’ensemble des acteurs économiques (ménages, chefs d’entreprise) aura des conséquences a minima jusqu’à la fin de l’année 2020.

 

 

Cinéma, transport, péage : ces abonnements que vous pouvez suspendre

 

On l’aura compris, le mot d’ordre jusqu’à aujourd’hui, c’est « Restez chez vous« . Soit. Plus de cinéma, de restaurant, et des déplacements limités au maximum. Mais alors, que deviennent les Pass Navigo, Carte SNCF, abonnements de télépéage et votre carte UGC Illimité ?

RATP et réseaux de transports locaux : plus de déplacement d’accord, mais que devient le Pass Navigo dans ces cas-là ? Souvenez-vous des grèves de décembre : la RATP avait mis à disposition des usagers des métros et RER une plateforme dédiée aux demandes de remboursement.

Ici, la situation est différente. Tous les salariés ne peuvent pas pratiquer le télétravail. Les décisions de remboursement ou de gratuité dépendent des régions et des villes. À Paris, le paiement des transports en commun est maintenu, mais pas à Saint-Nazaire ou à Lyon par exemple.

Si vous êtes en télétravail, vous n’avez probablement pas acheté votre Pass Navigo du mois d’avril. Si vous avez payé votre pass à l’année, les conditions de remboursement ne sont pas encore connues.

SNCF : la SNCF propose une option pour suspendre les abonnements annuels, mais les conditions sont plutôt contraignantes :

  • sauf exception, aucune demande de suspension ne sera accordée si elle est déposée moins de 7 mois après le début de l’abonnement.
  • la durée de suspension doit être comprise entre 2 mois et 1 an.
  • l’usager doit préciser la date de reprise de l’abonnement, ce qui peut être difficile à prévoir en période d’épidémie.

Télépéage : Vinci Autoroutes et Area, qui gèrent la quasi-totalité du réseau autoroutier français, n’ont pas pris de disposition spécifique concernant les remboursements. Ceci dit, les abonné(e)s au télépéage ont la possibilité de résilier temporairement leur abonnement, le temps du confinement. Cette opération est gratuite, et prend effet immédiatement. Une dépense de mois…

Cinéma : les UGC, MK2, Pathé-Gaumont et autres grands complexes du 7e art sont fermés depuis le 14 mars. Bonne nouvelle pour leurs abonné(e)s : les abonnements sont suspendus jusqu’à réouverture, et le prorata du 15 au 31 mars sera également remboursé à l’ensemble des clients, sans aucune démarche ni conditions. Un beau geste de leur part.

 

 

Billets d’avion et de train : comment se faire rembourser

Que faire si vous avez un billet de train ou d’avion prévu dans les prochaines semaines, en pleine période de confinement ?

Pour les billets de train, c’est très simple : vous pouvez annuler ou échanger sans frais tous vos billets, quel que soit le type de billets (y compris les billets OUIGO).

Pour les billets d’avion, cela dépend si votre vol a déjà été annulé ou pas. S’il a été annulé, vous serez remboursé intégralement. Il vous suffit de suivre le lien vers le formulaire de réclamation qui apparaît sur votre email d’annulation de vol. Si votre vol n’est pas annulé, la plupart des compagnies aériennes ont mis en place des programmes de changement de vols gratuits. Parfois, vous avez aussi la possibilité d’annuler votre vol en échange d’un bon d’achat.

 

 

Impôts sur le revenu : ajustez votre taux de prélèvement à la source pour prendre en compte une baisse de revenus

Avec plus d’un million de salariés concernés, le chômage partiel est la solution préconisée par le gouvernement pour soutenir les entreprises en cette période de confinement. Pour les salariés impactés, ce dispositif couvre  un certain pourcentage de leur salaire, sous forme d’indemnité :

  • 84% de leur salaire net pour les salariés en entreprise ;
  • 100% pour les salariés au SMIC et les demandeurs d’emploi ;
  • 80 % pour les employés à domicile ;
  • 90% pour les salariés en arrêt de travail.

Depuis le début de la crise, 337.000 entreprises et 3,6 million de salariés sont entrés dans le dispositif, selon les chiffres publiés le 1er mars par le Ministère du Travail. Si cette solution garantit le versement d’une rémunération, elle se traduit néanmoins par une baisse de salaire.

Chez les travailleurs non salariés, la situation est encore plus difficile : commerces et ateliers fermés, baisse des commandes, difficultés à honorer les factures, etc. Si des aides spécifiques pour les indépendants ont été mises à leur disposition, elles ne concernent pas tous les types de travailleurs indépendants.

Lire aussi : Indépendants : comment bénéficier de la prime forfaitaire de 1 500 € ?

Beaucoup de travailleurs subissent donc une baisse de leurs revenus. Il est important d’en tenir compte et d’ajuster votre taux de prélèvement à la source / vos acomptes contemporains sur impots.gouv.fr. C’est encore la meilleure façon de réduire vos dépenses en cette période de précarité financière. Plus d’informations dans cet article.

 

 

Impôts locaux et loyers : la taxe d’habitation continue à disparaître, pas de report pour les loyers des locataires

Annoncée en 2017, la suppression de la taxe d’habitation se poursuit bel et bien en 2020. Au total, ce sont 80% des particuliers qui devraient arrêter de la payer dès cette année. Les 20% restants (les contribuables les plus imposés) devront encore patienter jusqu’en 2023… La taxe foncière elle, est bel et bien maintenue pour les propriétaires français.

La question des loyers est plus épineuse. S’ils sont supprimés pour les entreprises, ce n’est pas le cas pour les particuliers, ce qui suscite de nombreuses questions, alors que le chômage partiel ramène les revenus des salariés à 84% des salaires nets…

Si vous rencontrez des difficultés de trésorerie, parlez-en avec votre bailleur. Renseignez-vous selon votre situation auprès de la CAF ou des organismes d’aides Action Logement ou le Fonds de solidarité pour le logement (FSL).

Bon à savoir : la trêve hivernale qui devait s’arrêter fin mars à été prolongée jusqu’au 31 mai.

 

Déclaration des revenus : optimisez-la

S’il y a bien une opportunité dans l’année d’optimiser ses finances, c’est celle-là. La déclaration des revenus est l’occasion de récupérer de l’argent grâce à des dépenses que vous avez déjà faites :

  • crédits d’impôts,
  • défiscalisation,
  • travaux,
  • dons,
  • salariés à domicile,
  • épargne-retraite et épargne salariale,
  • frais professionnels,
  • enfants scolarisés,
  • etc.

Chaque année, des centaines de contribuables passent à côté de réductions, déductions et crédits d’impôts qui pourtant leur reviennent de droit. Cette année, la période de déclaration des revenus commencera le 20 avril. Assurez-vous de ne rien oublier ! N’oubliez pas : c’est précisément la mission de Tacotax d’être présent pour vous à ce moment de l’année, grâce à notre outil de déclaration de revenus optimisée disponible ici.

 

 

Minima sociaux : le versement automatique assuré

Vous avez droit à une prestation sociale ? Le 20 mars dernier, le gouvernement a été clair : le versement des aides et minima sociaux continuera d’être assuré pendant toute la période de confinement. Cela concerne :

  • le revenu de solidarité active ;
  • les aides au logement (APL, ALF, ALS) ;
  • l’allocation d’éducation de l’enfant handicapé (AEEH) ;
  • l’allocation aux adultes handicapés (AAH).

Bonne nouvelle concernant l’AAH et l’AEEEH : les personnes arrivant en fin de droit bénéficient d’un prolongement de 6 mois.

Bon à savoir : en raison de la crise, la réforme du mode de calcul des APL, qui devait entrer en vigueur le 1er avril 2020, a été reportée.

 

 

Crédits immobiliers

Nous en parlions dans cet article. Pour les ménages détenteurs d’un crédit immobilier, la baisse de revenus, et donc de pouvoir d’achat, risque d’avoir de lourdes conséquences sur le remboursement des mensualités de crédit. Si des solutions existent, comme le report ou la modulation des échéances, elles ne sont pas systématiquement accordées. Le mieux à faire est donc de vous rapprocher de votre conseiller bancaire et de voir ensemble les possibilités.

Autre solution : le rachat de crédits. Si vous possédez un crédit immobilier et un ou plusieurs crédits à la consommation en cours, c’est peut-être le moment de les regrouper ou de les faire racheter. Cette opération consiste tout bonnement à fusionner les différents prêts en un seul et unique crédit.

De cette façon, vous n’avez plus qu’un seul crédit, un seul créancier, une seule mensualité à un taux souvent plus avantageux que les précédents. Attention cependant à bien prendre en compte la durée totale du nouveau crédit. Racheter vos crédits peut en effet vous donner un peu d’air financièrement, mais vous coûter plus cher sur la durée totale de vos crédits.

 

Investissements : immobilier, fonds… Quelles valeurs refuges ?

Bien que l’investissement ne soit pas au centre des préoccupations des Français en ce moment, les détenteurs de patrimoine (immobilier ou financier) se préoccupent, et c’est normal, du devenir de leurs placements. On a vu l’impact terrible de l’épidémie de Covid-19 et du choc pétrolier actuel sur les marchés boursiers (voir paragraphe suivant pour plus de détails).

Faut-il tout miser sur la sécurité pour autant ? Passer la totalité de son assurance-vie en fonds euros ? Quid de l’investissement dans l’immobilier ? Voici quelques éléments de réponse :

  • Si vous détenez des actifs risqués (exemple : un fonds technologique en unités de compte), la baisse est déjà significative. Cependant, un arbitrage vers des valeurs refuges pourrait constituer une première réaction. Par la suite, une fois que le point bas de la crise sera atteint, il sera toujours temps de replacer votre épargne sur des secteurs pouvant repartir de manière rapide.
  • le secteur immobilier est soutenu par des rendements importants qui devraient maintenir les prix des actifs dans un futur proche. Concernant l’immobilier commercial, il faut anticiper une baisse des valorisations des fonds suite à une anticipation d’une hausse des taux de défaut de paiement des loyers.

Pour simplifier : si le nombre de loyers impayés augmente du fait d’un nombre croissant de faillites, les fonds immobiliers devraient avoir des baisses de rendements, et voir leur valorisation baisser.

Certains investissements comme les SCPI, risquent d’être impactés, en particulier les SCPI spécialisées dans les locations aux entreprises. D’autres SCPI concentrées sur les locations aux particuliers ont montré une forte résistance et des rendements significatifs, même en périodes de crise.

 

 

Marchés financiers : que faire ?

Si vous investissez en bourse avec un objectif à long terme (à horizon 5 ans ou plus), la crise actuelle vous inquiète certainement. En quelques semaines, le CAC40 et les autres grands indices boursiers mondiaux sont revenus au niveau d’il y a une dizaine d’années…

Les analystes financiers vous conseilleront bien souvent la même chose en ces temps de crise : ne rien faire. On dit souvent que la bourse est le seul magasin que tout le monde quitte lorsque les soldes arrivent (c’est-à-dire quand un krach se produit)… Conserver vos actions et attendre patiemment que les marchés se redressent est sans doute le meilleur moyen de passer la crise en limitant la casse. Rappelez-vous que tant que vous n’avez pas vendu vos actions, vous n’avez pas perdu d’argent, vos pertes ne sont que virtuelles.

Si vous avez de l’argent de côté, faut-il acheter des actions aujourd’hui ? La volatilité extrêmement forte des marchés actuellement rendrait un investissement particulièrement risqué.

L’histoire des précédentes crises nous montre en effet qu’après un premier choc brutal, plusieurs autres baisses peuvent se produire dans les semaines qui suivent. Si vous êtes prêt à prendre le risque, vous pourrez certainement faire de bonnes affaires. Mais attendez-vous à avoir quelques sueurs froides dans les mois à venir…

Quand les marchés vont-ils commencer à remonter ? En ce moment, peu d’analystes financiers se risqueraient à faire des prédictions. Une crise en « V » (avec une chute rapide, puis une reprise rapide) était anticipée il y a quelques semaines. Ce n’est plus le cas aujourd’hui où de nombreux investisseurs s’attendent à une crise en « U » avec une phase de « plateau » de plusieurs semaines voire plusieurs mois au plus bas.

La situation aux Etats-Unis en particulier génère beaucoup d’inquiétudes : la première économie mondiale est frappée de plein fouet par le virus et les mesures de confinement y ont été prises tardivement. Néanmoins, le pic de l’épidémie semble avoir été dépassé. Un retour à la normale prendra cependant du temps…

 

 

Budget d’urgence

Si vous en avez la possibilité malgré la crise dans les prochains mois, il est important que vous réfléchissiez à mettre en place un budget personnel plus léger vous permettant de vous constituer un matelas d’argent. Si la crise venait à durer et si votre situation personnelle devenait difficile, ce « budget d’urgence » deviendrait très utile. L’idéal est d’avoir de 3 à 6 mois de vos dépenses couvertes par ce fond d’urgence. Les dépenses à couvrir sont : votre loyer ou vos remboursements d’emprunt, la nourriture, les vêtements et vos frais de déplacement.

Retraite : préparez-la dès maintenant !

Dans son allocution du 16 mars dernier, Emmanuel Macron annonçait la suspension de toutes les réformes en cours en raison de la crise du coronavirus. La question de la réforme des retraites demeure donc en suspens pour le moment. En revanche, la pandémie de Covid-19 ne devrait avoir aucun impact sur le paiement des retraites, c’est du moins ce qu’affirme François-Xavier Selleret, directeur général de l’Agirc-Arrco :

« Tout est assuré pour le paiement des pensions actuelles et à venir.”

Même réponse du côté de l’Union retraite, groupement d’intérêt public (GIP) qui réunit les organismes de retraite obligatoire, de base et complémentaire :

“Il existe un plan de continuité d’activité dans chaque caisse de retraite qui assure le maintien des activités essentielles, notamment le versement des pensions à ceux qui sont déjà retraités et le paiement des retraites de ceux qui viennent de cesser leur activité.”

Si vous devez partir en retraite dans les prochains mois, vous pouvez d’ores et déjà commencer à préparer votre dossier et l’envoyer par voie dématérialisée.

 

 

Et aussi : banques, assurances, téléphone, internet, énergie… Quelles dépenses pouvez-vous réduire ?

Vous êtes confiné chez vous, et c’est sans doute un bon moment pour vous pencher sur vos fournisseurs actuels de services du quotidien. Des exemples ?

Les banques traditionnelles sont une bonne illustration : elles sont souvent bien plus chères à l’usage que les banques en ligne. Prenez le sujet en main et basculez vers une banque en ligne. Vous ferez des économies de plusieurs centaines d’euros par an.

Idem pour les assurances, profitez de cette période où vous avez peut-être un peu plus de temps pour vous pour comparer les offres en ligne et basculer vers des offres moins chères : assurance habitation, assurance auto… Plusieurs centaines d’euros à la clé tous les ans.

Pour les abonnements Téléphone et Internet, faites également jouer la concurrence au maximum. Beaucoup de contrats sont sans engagement aujourd’hui et vous pourrez basculer vers un nouveau fournisseur rapidement.

Enfin l’énergie : si vous n’avez pas changé de fournisseur de gaz ou d’électricité depuis longtemps (voire jamais), c’est le moment ! Vous gagnerez un peu d’argent tous les mois, et beaucoup sur une année complète.