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7 Février 2020

Coronavirus : l’usine du monde tousse

La Chine fait face à une épidémie sans précédent. Mise en quarantaine, liaisons ferroviaires et aériennes suspendues, nombre de cas recensés en hausse. Bref, le gouvernement chinois est sous l’eau. Mais ce sont les conséquences sur l’économie du pays qui inquiète. Et lorsque l’économie chinoise s’enrhume, c’est le monde entier qui tousse. Si l’épidémie du coronavirus se prolonge, les chaînes de production à l’échelle du globe seront menacées.

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Tous les œufs dans le même panier

Le problème qui se pose aujourd’hui c’est la concentration d’entreprises (tous secteurs confondus) dans une seule et même région. En effet, depuis des années, des entreprises du monde entier ont pris la décision d’installer leurs usines de production en Chine. Résultat aujourd’hui, de nombreux secteurs sont au ralenti ou à l’arrêt. Depuis la mise en quarantaine du bassin industriel de Wuhan, beaucoup d’entre elles sont coupées du monde. 

Ce « Détroit chinois », où le virus a déjà tué plus de 400 personnes, concentre à lui seul 9 % de la production automobile chinoise et abrite des centaines de fournisseurs de pièces automobiles. PSA, Renault, Nissan, Toyota, Valeo ou encore Plastic Omnium ont tous reçu pour instruction de ne pas reprendre le travail, au risque de menacer des chaînes de production à l’échelle du globe.

Coronavirus : dans l’œil du cyclone 

L’automobile n’est pas le seul secteur concerné, bien au contraire :

  • des usines de semi-conducteurs
  • de produits chimiques 
  • de produits métalliques non minéraux 

Tous sont à l’arrêt dans la province du Hubei, où des dizaines de millions d’habitants sont priés de rester chez eux. 

Sans parler de la deuxième économie mondiale : le secteur de la tech et de l’électronique. Pourquoi une telle inquiétude ? Sans doute, car la Chine produit 70 % des smartphones de la planète et 55 % des écrans des téléviseurs. À l’orée de ces informations, la panique est tout de suite beaucoup plus palpable. 

Le pays a fait émerger des leaders mondiaux comme BOE qui a surpassé LG et Samsung en 2019 grâce notamment à :

  • La qualité des infrastructures, 
  • l’abondance d’une main-d’œuvre longtemps bon marché, 
  • la présence en un même endroit de tous les fabricants 

Ces qualités ont fait de la Chine un acteur incontournable (même si certains fournisseurs comme Foxconn délocalisent aujourd’hui vers l’Inde). D’où une situation qui semble inextricable aujourd’hui.

Malheureusement, l’impact de l’épidémie du coronavirus ne se limite pas à la région de Wuhan. Une très large partie de la Chine est à l’arrêt. À Shanghai, capitale économique du pays, les congés du Nouvel An Lunaire, qui devait initialement s’achever vendredi 31 janvier, ont été prolongés jusqu’à dimanche prochain. Même chose à Chongqing, mégapole de 30 millions d’habitants où sont fabriqués un quart des ordinateurs portables dans le monde.

Sino dépendance ? 

« Le haut degré d’intégration de l’économie chinoise dans les chaînes d’approvisionnement mondiales signifie que cette épidémie est susceptible d’avoir un impact plus large hors du pays» mettent en garde les économistes d’Euler Hermes dans une note publiée lundi. 

Certains secteurs sont davantage exposés aux perturbations car la valeur ajoutée de la Chine dans ces secteurs représente un fort pourcentage de la production mondiale :

  • le textile : 19 % 
  • l’informatique et l’électronique : 17 %

La dépendance du monde envers la Chine n’est pas toujours là où on la croit. Elle est dans les détails. Par exemple, saviez-vous que la Chine était devenue leader mondial des batteries lithium-ion avec 60 % de la production mondiale ? Cela ne vous dit peut-être rien, mais ces petits composants permettent aux véhicules électriques de fonctionner. 

De même, le géant asiatique produit 80 % des terres rares ? En quoi est-ce important ? Elles sont dans presque toutes les chaînes de production, dans : 

  • les smartphones, 
  • les éoliennes, 
  • les appareils d’IRM,
  • les alliages de spécialité, 
  • les batteries électriques

Bref, tout ce qui nous paraît essentiel aujourd’hui. Ce qui nous ramène au fil conducteur de cet article : mettre tous ses œufs dans le même panier.

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Une pénurie des composants à cause du coronavirus

Tous les yeux sont désormais rivés sur la cadence des usines chinoises. De Huawei à Samsung en passant par LG Display et Apple, les entreprises du monde entier font tout leur possible pour assurer que les lignes de productions continuent de tourner à plein régime. Mais ce n’est pas le cas de tout le monde. Foxconn, TSMC ou BOE, dont nous parlions plus haut, commencent à ressentir les pénuries de composants sur leur rythme de travail.

Les multinationales sont nombreuses à surveiller l’évolution de l’épidémie comme l’huile sur le feu :

  • Apple dont l’essentiel des iPhone est fabriqué en Chine. 

  1. Le sous-traitant Foxconn a annoncé qu’il ne redémarrerait pas ses usines chinoises avant la mi-février. 
  2. Tesla, qui a suspendu sa production dans sa nouvelle usine de Shanghai sur instruction des autorités, a dit suivre au plus près sa chaîne d’approvisionnement pour son usine californienne.
  3. Hyundai a décidé de progressivement interrompre sa production en Corée du Sud, où il fabrique 40 % de ses véhicules, en raison d’une pénurie de composants causée par le coronavirus. Il s’agit du premier constructeur automobile mondial à suspendre sa production hors de Chine en raison de l’épidémie du coronavirus.

Autre pôle extrêmement sensible dû à l’hégémonie de la Chine sur ce secteur : les écrans. La rareté de ces pièces pourrait aboutir in fine à une hausse des prix de 3 à 5 dollars, selon IHS Markit. C’est un véritable problème, car à cause de la pénurie, les composants deviendront rares et à la fin c’est le consommateur (vous), qui en paiera le prix. 

Résultat : Plus tard sera maîtrisée la maladie, pires seront les conséquences. Plus l’épidémie s’étendra, plus les entreprises auront tendance à jouer la carte du chacun pour soi. Comment ? En allant jusqu’à commander deux fois plus que leurs besoins réels. Et peu importe si ce type de comportement aggrave la crise en faisant grimper les prix.

L’épidémie du coronavirus n’est désormais plus qu’une urgence sanitaire, c’est une urgence économique qui n’affecte pas qu’une région de Chine, mais le monde entier. 

Le compte à rebours a commencé…