1. Accueil

  2. Impôts, prestations sociales, déficit… Le projet de loi de finances 2019 en 5 points

Impôts2 octobre 2018

Impôts, prestations sociales, déficit… Le projet de loi de finances 2019 en 5 points

bilan de finances 2019

Décidément, ce mois de septembre fut chargé en événements… financiers ! D’abord l’affaire Prélèvement À la Source, et maintenant le Projet de Loi Finances 2019, deuxième budget du quinquennat Macron. Le PLF comme on dit, est tombé le 24 septembre dernier. Augmentation du déficit, baisses d’impôts, prestations sociales à la diète, suppression de postes… Que nous réserve Bercy ? Voici les cinq point-clés du Projet de Loi Finances 2019.

1) Fonctionnaires et création d’emploi : la Défense et la Justice grandes gagnantes

Comme dans tout projet de loi, il y a des gagnants et des perdants. Ici, c’est la fonction publique qui paye le prix fort avec 4 164 postes supprimés dès l’année prochaine. Suivie de près par le ministère de l’Action et des Comptes publics qui va lui perdre de 2 300 postes, et plus de 1 600 pour le ministère du Travail.

Alors que la Défense est la grande gagnante va bénéficier de 450 nouveaux emplois créés et un gain de 1,7 milliard d’euros supplémentaires. Le gouvernement cherche par là à gonfler l’effort de défense : 2% du PIB d’ici 2025. 2019 s’annonce également fructueux pour la Justice. L’Hôtel de Bourvallais va disposer de 313 millions d’euros de crédits en plus. Une partie de ces fonds est notamment destinée à la construction d’établissements pénitenciers.

Bonne nouvelle pour l’environnement : la Transition écologique voit son budget gagner 3,1 %, mais perd un peu plus de 1 000 postes. Enfin, 850 millions d’euros seront alloués à l’Éducation Nationale, mais qui n’empêcheront pas la suppression de 1800 postes.

2) Baisse des impôts : les ménages premiers concernés

Une nouvelle qui va ravir les contribuables : vos taxes, impôts et cotisations sociales vont baisser. Ce sont plus de 6 milliards d’euros seront rendus aux ménages l’année prochaine, notamment par la suppression de la deuxième tranche de la taxe d’habitation pour 80 % des contribuables, le plein effet de la réduction des cotisations chômage et maladie et la désocialisation des heures supplémentaires à compter de septembre 2018.

Revers de la médaille :  la hausse des taxes sur le diesel coûtera 1,9 milliard aux ménages et celle du tabac 400 millions. Si votre bonne résolution pour la rentrée, c’est d’arrêter de fumer ou / et acheter un vélo, c’est le moment où jamais…

Pour rappel, le montant des niches fiscales a atteint 100,4 milliards d’euros en 2018. En revanche, il devrait diminuer de 2 milliards d’euros en 2019, comme le prévoit le PLF.

Impôt sur le revenu : les tranches et taux 2019

Le gouvernement a pris la décision d’actualiser le barème de l’impôt sur le revenu (IR) de 1,6%, correspondant à sa prévision d’inflation pour l’année 2018. Ce qui nous donne les tranches, taux et barèmes suivants :

  •  1ère tranche : de 0 à 9.964 € : 0%
  •  2ème tranche : de 9.964 à 27.519 € : 14%
  • 3ème tranche : de 27.519 à 73.779 € : 30%
  • 4ème tranche : de 73.779 à 156.244 € : 41%
  • 5ème tranche : au-delà de 156.244 € : 45%

Ces plafonds correspondent au revenu net imposable (RNI), c’est-à-dire tel qu’il est pris en compte après l’abattement de 10% pour frais professionnels.

Les entreprises également concernées

Start-up Nation oblige, le PLF 2019 va également profiter aux entreprises. Le gouvernement prévoit notamment une baisse de l’impôt sur les sociétés (IS), de 33,3 % à 31 % l’an prochain. L’objectif final étant de ramener ce taux à 25% d’ici la fin du quinquennat. En attendant, cette réduction devrait rapporter 2,4 milliards aux sociétés. De quoi acheter pas mal de baby-foots…

Autre chose : le PLF a annoncé la fin du « forfait social » de 20 % sur l’intéressement dans les entreprises de moins de 250 salariés. Soit une économie de  500 millions d’euros  en 2019.

Mais le grand changement de cette réforme, c’est la transformation du crédit d’impôt CICE en baisse de charges qui allège la facture des entreprises, pour 20,4 milliards.

On ignore si la démission de Nicolas Hulot du gouvernement a été le catalyseur. Mais l’État a mis l’accent sur l’économie verte. Ici aussi, les pollueurs seront dans le rouge :

Enfin, le renforcement du 5e acompte de l’impôt sur les sociétés devrait leur coûter 1,5 milliard.

3) Déficit public : vers une hausse de la croissance

La croissance devrait s’établir à 1,7 % en 2019 et rester stable par rapport au 1,7 % attendu également cette année. Une hausse que le gouvernement qualifie de «solide », que l’on doit notamment à transformation du crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE) en baisses de charges pérennes.

4) Prestations sociales : une hausse étalonnée

Il était question de les revaloriser, pour certaines, c’est chose faite. L’allocation adulte handicapé et le minimum vieillesse ont été revues à la hausse. Pour les  pensions de retraite, les allocations familiales et les APL, il faudra attendre encore un peu. Ces prestations ne seront revalorisées que de 0,3 % l’an prochain alors que l’inflation est actuellement attendue à 1,3 %. Ce qui représente quelque deux milliards d’euros d’économisés.

Des réformes qui risquent de ne pas passer inaperçues. Encore moins de plaire à tout le monde. Déjà agacés par la hausse de CSG en 2018 (+1,7 point), les associations de retraités voient d’un très mauvais œil cette désindexation de leurs pensions.

Côté logement, on note un petit air de ressemblance entre la réforme des APL et celle du prélèvement à la source. Au lieu de baser le montant de l’allocation sur les revenus des années précédentes, celui-ci sera désormais calculé sur les revenus de l’année en cours.

5) Contrats aidés : pour eux sonne le glas

Emmanuel Macron leur était hostile depuis le début. Et cela se voit : ils étaient 200 000 inscrits au registre des dépenses du gouvernement en 2018, ils ne seront plus que 130 000 budgétés en 2019. À titre de comparaison, Matignon en comptait 320 000 en 2017. Les contrats aidés semblent bel et bien devenir une espèce en voie d’extinction. Pour le chef de l’État, cette réduction est nécessaire. Ces contrats étant coûteux, et bien souvent sans suite pour le salarié, comme l’affirme Édouard Philippe à l’antenne de BFM :

Après un contrat aidé, le nombre de gens qui trouvent un contrat durable, c’est 25%. 75% après n’ont rien »

Au total, la baisse de crédits avoisine les de 2,1 milliards d’euros.