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Actualités14 juin 2018

Impôts et football : la rencontre de choc ?

Le coup d’envoi pour la Coupe du Monde de football 2018 a été donné. Alors que le monde entier a vu la Russie s’imposer 5 / 0 face à l’Arabie Saoudite, une autre nouvelle très attendue vient de secouer le monde sportif : la décision par le gendarme financier de l’UEFA de ne pas appliquer de sanction au Paris Saint-Germain, qui s’est pourtant montré très dépensier dernièrement… Une question se pose alors : les grands du football sont-ils assujettis au même régime fiscal que le reste des contribuables ? TacoTax mène l’enquête (à la mi-temps).

Footballeur en Ligue 1 : un paradis fiscal ?

Neymar, Giroud, Mbappé, Pogba et leurs confrères sportifs sont de véritables poules aux oeufs d’or pour les actionnaires, mais aussi pour le fisc. La France a tout intérêt à les garder sous le coude le plus longtemps possible, ne serait-ce que par intérêt économique.

On le sait, les salaires touchés par les grands noms du ballon rond ont de quoi faire des envieux. À seulement 19 ans, Kylian Mbappé est le troisième joueur le mieux payé de la Ligue 1 avec 17,5 millions d’euros de revenus nets en 2018. Une broutille, comparée aux sommes empochées par Lionel Messi ou Cristiano Ronaldo. Mais quand même : la “pépite” vaut son pesant en or… Et le mercato se porte bien. Mais les présidents de clubs et les supporters ne sont pas les seuls à se réjouir du transfert inter-clubs des joueurs : le dernier en date (celui de Neymar Jr en 2017) a coûté la bagatelle de 222 millions d’euros aux propriétaires du PSG. Pour le plus grand bonheur du fisc. 

L’arrivée de Neymar avait ravi le ministre des comptes publics, Gérard Darmanin. On se souvient de sa réaction, clairement intéressée :

«Il vaut mieux que ce joueur de football paie ses impôts en France plutôt qu’il ne les paie ailleurs».

Quand on se penche de plus près sur le fonctionnement du système fiscal en France, on comprend que les administrateurs du fisc aient autant de raisons que les supporters du PSG de se réjouir de l’arrivée du brésilien sur les pelouses françaises. Avec un salaire de 30 millions par an, sans compter la TVA prélevée sur la vente des maillots (140€ l’unité), l’État français devrait réaliser une belle plus-value… 

Impôt et mercato : le régime très prisé des impatriés

Sur le plan déclaratif, les joueurs de football dont la résidence fiscale est située en France sont tenus de déclarer leurs impôts au même titre que le reste des contribuables. La plupart d’entre eux sont salariés du club où ils jouent. Pour ceux-là, la déclaration et le paiement de l’impôt sur le revenu suivent la règle du barème, des tranches et des taux que connaissent bien les contribuables français.

À lui seul, le salaire de Neymar Jr pourrait générer entre 100 et 150 millions d’euros de recettes pour l’État. Mais ce n’est pas si simple… 

Souvent pointée du doigt pour son manque d’attractivité fiscale par rapport à ses concurrents européens, la France n’est pourtant pas en reste lorsqu’il s’agit d’attirer les jeunes talents. Surtout les sportifs. 

C’est là tout l’intérêt du régime fiscal réservé aux impatriés. Ce régime spécial, qui s’applique entre autres aux résidents étrangers, permettrait à Neymar d’être exonéré d’impôt sur le revenu jusqu’à 50 % de ses revenus d’activité pendant huit ans. De plus, l’attaquant brésilien se verrait également exonéré d’ l’IFI pendant 5 ans, sans attendre la réforme promise par Emmanuel Macron.

“Fair-play financier” : pas de carton rouge pour le PSG

Certains dénonceront les fameuses « football leaks », d’autres parleront d’adapter le régime fiscal de la France, connu pour son rigorisme administratif, pour faire jouer la concurrence et permettre l’acquisition de nouveaux talents. Dans tous les cas, le tout récent non-lieu du PSG dans l’affaire du fair-play financier laisse certains sceptiques.

La nouvelle est tombée mercredi 13 Juin, à la veille du premier match de la Coupe du Monde : l’UEFA a annoncé que le Paris Saint-Germain n’écoperait pas d’une sanction suite à l’examen de ses comptes, lesquels avaient été mis à rude épreuve après les rachats de Neymar Jr du Barça (contre 222 M€) puis du jeune (et déjà très prometteur) Kylian Mbappé contre 135 millions d’euros (et 45 de bonus) de Monaco… Le club de Ligue 1 parisien avait été prévenu : l’heure était alors venue de rendre des comptes. Heureusement pour lui, le gendarme financier a décidé de limiter son résultat d’exploitation aux exercices 2014-2015, 2015-2016 et 2016-2017, soit avant les transactions du PSG avec le Barça et l’AS Monaco.

Même s’il a échappé à l’amende, le club de L1 reste sous pression. Il va en effet devoir renflouer ses caisses de 100 M€ pour éviter de sortir des clous. Ce qui implique des ventes, des nouveaux partenariats et de faire jouer les sponsors pour augmenter les contrats. Carton jaune, donc…

Lorsqu’il s’agit de ses finances, le PSG tient à la transparence. En réponse à certains propos polémiques énoncés par Jean-Michel Aulas (le président de l’OL)  supposant d’importantes libertés fiscales prises par les Qataris, le Paris-Saint-Germain avait répliqué, sans faire dans la dentelle :

« Les impôts, taxes et charges diverses acquittés représentent annuellement plus de 170M€, pratiquement l’équivalent du budget d’un club comme l’Olympique Lyonnais, dans la mesure où Jean-Michel Aulas, au vu de ses déclarations du 22 juin, semble goûter particulièrement les comparaisons. »

Coupe du Monde 2018 : qui sont les joueurs les mieux payés ?

La rémunération des joueurs de football est un sujet qui donne lieu à de nombreuses spéculations. Il faut dire que l’Euro de Football, la Coupe du Monde et la Ligue des Champions occupent respectivement les 3e, 2e et 1ère places du podium des compétitions mondiales les mieux payées.

Sans grande surprise, c’est l’Argentin Lionel Messi qui grimpe sur la première place du podium avec la coquette somme de 126 M€ (40 par saison). Un salaire qui fait de lui le Contribuable espagnol n°1 avec 56 millions d’impôts, dont 44M en droits à l’image non déclarés entre 2007 et 2012.

La médaille d’argent revient à Cristiano Ronaldo, avec 94 M€ gagnés en 2017-2018. Neymar Jr arrive en 3e position (mais espère bien dribbler les deux premiers) avec 81,5 M€. Le passage au PSG a beaucoup profité au Brésilien qui bénéficie à présent d’un régime fiscal très avantageux.

À la quatrième place, on trouve Gareth Bale (Real Madrid), dont la saison a été fructueuse : 44 M€ en 2017-2018. Enfin, c’est l’Espagnol Gerard Pique qui clôt ce top 5 avec une récolte de 29 M€ sur la saison.