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Impôts30 mars 2018

Or, argent et autres métaux précieux : comment sont-ils imposés ?

Diversifier son patrimoine en investissant dans l’or ou l’argent ? Beaucoup d’entre vous y pensent ou l’ont déjà fait ! Comme tous les biens que vous possédez, les métaux précieux sont également soumis à l’impôt. Si vous avez, par exemple, des lingots d’or au chaud dans le coffre-fort de votre domicile, cette fiscalité vous concerne donc. Alors qu’une réforme vient d’être adoptée concernant la taxation des métaux précieux, il est naturel de se demander quelles seront les implications de cette évolution. Est-il fiscalement avantageux d’investir dans l’or ou dans un autre métal ? Vaut-il mieux préférer d’autres placements ? TacoTax lève le voile…

Revendre de l’or : quels impôts faut-il payer ?

Lorsque vous réalisez une vente d’or ou d’un autre métal précieux, vous devez payer l’impôt. Il existe alors deux manières d’être imposé : la taxation forfaitaire et la taxation de la plus-value. Vous devez choisir la formule qui est la plus avantageuse selon votre situation. La déclaration de la vente s’effectue dans le mois qui suit la transaction.

Souvent choisie pour sa simplicité, la taxation forfaitaire se base sur le prix de la vente, peu importe le montant de la plus-value réalisée. Jusqu’à cette année, le taux de cette taxe s’élevait à 10 % du prix de vente. On ajoute à cette taxe 0,5 %, au titre de la CRDS.

La taxation sur la plus-value réalisée, consiste à taxer le vendeur sur la marge qu’il réalise en vendant son métal précieux. Par exemple, vous vendez 10 000 € une quantité d’or acquise pour 8 000 € quelques années auparavant. On vous taxe uniquement sur la différence, soit 2 000 €. Des abattements de 5 % par année de détention s’appliquent à la plus-value au-delà de la deuxième année. L’Etat vous exonère donc totalement pour la vente de lingots d’or que vous détenez depuis plus de 22 ans. Le taux de taxation est de 19 %, auxquels s’ajoutent les prélèvements sociaux (15,5 % jusqu’à 2018). Par ailleurs, vous devez justifier auprès de l’administration fiscale de la valeur d’achat de votre marchandise, en présentant par exemple une facture.

Taxe Forfaitaire ou taxe sur la plus-value : quelle option choisir ?

Exemple : vous revendez pour la somme de 10 000 € une quantité d’or. Vous l’aviez achetée 4 ans plus tôt, au prix de 8 000 €. Pour quelle formule devez-vous opter ?

Option A (la taxe forfaitaire) :

10,5 % * 10 000 = 1 050 €. Vous aurez donc 1 050 € à reverser aux impôts.

Option B (la taxe sur la plus-value) :

10 000 – 8 000 = 2 000 €. Vous réalisez une plus-value de 2 000 €.

Vous avez détenu le précieux métal pendant 4 ans, soit deux ans après les deux premières années de détention qui ne donnent pas droit à abattement.

2 * 5 % = 10 %. Vous bénéficiez donc d’un abattement de 10 % sur la plus-value.

2 000 – 10 % * 2 000 = 1 800 €. Vous serez donc imposé sur 1 800 €.

Le taux d’imposition est de 34,5 % avec les prélèvements sociaux.

34,5 % * 1 800 = 621 € ce qui est bien inférieur aux 1 050 € à régler si l’on choisit l’option A.

Concrètement, moins la plus-value réalisée est importante, plus l’option B est avantageuse et plus la durée de détention est longue, plus l’option B est avantageuse.

 

Une hausse de la taxe sur la cession des métaux précieux en 2018

Alors que la suppression de l’Impôt de Solidarité sur la Fortune (ISF) laissait présager un allègement général de la fiscalité pour les foyers les plus aisés, voilà que la fiscalité de l’or et autres métaux précieux s’alourdit.

La taxe forfaitaire sur la cession (vente) de métaux précieux passe de 10 à 11 %. Si vous optez pour la taxation de la plus-value, cette dernière passe de 34,5 à 36,2 %. Cela est dû à une hausse des prélèvements sociaux qui les fait passer de 15,5 à 17,2 %. Les objectifs annoncés par le gouvernement sont clairs : il faut combler le manque-à-gagner laissé par la suppression de l’ISF et éviter que les contribuables les plus aisés ne se « réfugient » dans ce type d’investissements. La réforme de l’ISF a pour but de relancer l’investissement dans l’économie productive et non pas de favoriser la spéculation.

Suisse, Belgique, Allemagne : est-il intéressant d’aller vendre ses bijoux en or dans les pays voisins ?

Ces nouvelles mesures ont pour but de renflouer les caisses de l’Etat. Certains observateurs restent néanmoins sceptiques quant à leur efficacité. La France souffre de la comparaison avec ses voisins sur le plan fiscal. En effet, nos amis belges, allemands et suisses offrent une fiscalité sur les métaux précieux plus avantageuse. Les habitants frontaliers de ces pays-là, pourraient donc être songer à franchir la frontière pour aller vendre leur magot. C’est une très mauvaise idée ! En effet, dès lors que vous faites sortir des métaux précieux, vous êtes soumis à la taxe forfaitaire sur la valeur estimée de l’objet, soit 11 %. Vous ne bénéficiez donc d’aucun avantage.

 

L’or et l’argent sont des métaux qui intéressent les investisseurs car ils ne présentent pas de risque de dévaluation soudaine. Mais attention, placer son argent dans l’or, l’argent ou un autre métal précieux ne vous fera pas échapper au paiement de l’impôt. Bien au contraire, l’assouplissement fiscal de 2018, avec la mise en place de l’IFI et la suppression de l’ISF notamment, contraint l’Etat à puiser son argent à d’autres endroits. Les métaux précieux semblent faire les frais de ces nouvelles réformes et se retrouvent un peu plus taxés. A vous donc de faire les bons choix avant de vous lancer dans un investissement. Pour vous aider à bien déclarer, après d’éventuelles plus-values réalisées, TacoTax a mis en place un service d’aide à la déclaration de revenus. Rendez-vous sur notre site pour plus d’informations !